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Bonjour rêveuses et rêveurs…

Souvenez-vous, mais à quoi bon vous le dire ? Les phrases qui vont suivre sont toujours gravées dans vos mémoires : « Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant, il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses, de menacer des Etats. Cette emprise est devenue un empire ». Cela faisait bien longtemps que les Français blasés n’avaient pas eu droit à un discours aussi exaltant, peut-être depuis de Gaulle. Il était prononcé par François Hollande lors du meeting du Bourget, le 22 janvier 2011, sur un ton qui laissait présager l’avènement d’un monde nouveau fait de matins qui chantent. Un petit coup de Marseillaise derrière cela, et emballé c’est pesé, le public revivait en direct sa prise de la bastille. Les banques, enfin, allaient s’écrouler et les spéculateurs être pendus à la lanterne. Quelle déception à l’arrivée. On s’attendait à de grands chamboulements et que voit on ? Un président qui plie devant Mittal puis autorise la vente de la compagnie Alstom, fleuron de l’industrie française, au géant américain « General Electric » après les tourniquets d’un Montebourg qui, lui, voulait la brader à l’allemand Siemens, lequel pourtant, en soufflant par surprise à Alstom le faramineux marché des TGV chinois, était en partie responsable de sa chute. Ça commençait plutôt mal pour celui qui avait promis de faire plier la finance. Depuis Claude Sérillon, le journaliste qui, sans doute pour avoir discrètement inspiré le plus beau texte de la campagne présidentielle, avait été recruté comme conseiller en communication à l’Elysée, a bien sûr été viré. Eh oui tous les malheurs de Hollande prennent leur source dans cette promesse captieuse du Bourget et dans l’anaphore du « Moi président » peut-être suggéré par le même souffleur. Hélas, ce qui est efficace en campagne peut avoir un effet boomerang dans l’exercice du pouvoir, la preuve ! Une majorité de Français a vraiment cru que Hollande ferait ce qu’il disait et leur déception aujourd’hui est immense. Ils ne supportaient plus les fanfaronnades d’un Sarkozy qui lui se fiaient entièrement aux communicants de Bygmalion, habiles dans l’art de semer la zizanie et de façonner « il capo dei capi », « el jefe de los jefes », autrement dit un caïd. Une telle prestation qui consistait à faire d’un petit homme un géant était hors de prix et a quasiment ruiné l’UMP. L’affaire fait des vagues et ce n’est pas fini…

Je les ai vu arriver tous ces « conseillers en communication » quand j’étais « rédac-chef » à TF1 dans les années 80. Ils essayaient de se faire un peu de pub pour tenter d’appâter des politiciens en panne d’idée, mais avides de faire parler d’eux. Ça a marché au-delà de toute espérance. Dorénavant, il n’y a pas un seul élu qui, briguant une haute fonction, se prive de leurs concours. Or comme ces conseillers sont des journalistes en activité, ou a la retraite, la collusion entre le monde médiatique et politique est devenue totale. Désormais, la priorité pour bien des candidats à la députation n’est pas de se mettre au service des citoyens et de tout faire pour essayer de leur rendre la vie plus facile, mais d’être élu et de s’assurer une longue carrière. Pour y parvenir, on leur apprend à mentir vrai. Nonobstant gare au flagrant délit de tromperie. En s’écrasant comme une crêpe devant les financiers qu’il avait promis d’abattre, Hollande a perdu tout crédit, comme Sarko avait, avant lui, perdu la face, en allant, tel un vassal obéissant, s’incliner devant la chancelière Merkel pour échapper aux punitions de l’Europe libérale qui frappaient durement la Grèce, l’Italie et l’Espagne. La sanction met 5 ans à arriver, mais elle arrive. A bon entendeur…

La grande collusion
La grande collusion
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