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Abou Abdallah al Faransi. Oui, bien sûr, ce nom vous dit quelque chose puisqu’il s’agit de Maxime Hauchard, celui que la presse surnomme le bourreau français depuis qu’il a été détecté dans la vidéo de Daech, montrant la décapitation de l’otage américain Peter Kassing et d’au moins dix-huit soldats syriens. Bourreau, vous avez bien dit bourreau messieurs les journalistes ? Moi j’ai eu beau scruter très longuement le visage de ce jeune barbu, je ne suis pas parvenu à me faire à l’idée que j’avais sous les yeux le portrait d’un tueur immonde, d’un égorgeur. Et pourtant si, il a égorgé de sa main un soldat captif. Je ne suis pourtant pas le seul à me montrer incrédule. Presque tous les habitants du Bosc-Roger-en-Roumois, son village, font de lui le portrait d’un gamin plein d’énergie et d’une grande gentillesse. Ils parlent de ses parents en termes élogieux : « des gens superbes, dont la vie va être gâchée ». Que s’est-il donc passé pour que soudain le jeune Maxime éprouve le besoin de se convertir à l’islam ? Du jour au lendemain, les villageois le voient arpenter les rues du bourg en djellaba, arborant une jeune barbe encore peu fournie. Il fait un premier voyage en Mauritanie pour y recevoir un enseignement religieux qu’il trouve mollasson. Ce qu’il veut désormais, « Abdou Abdallah », c’est de la rigueur, une rigueur sans faiblesse, sans faille, fondée sur d’absolues certitudes, et c’est évidemment en Syrie qu’il ira la chercher. On pourrait gloser indéfiniment, ce que fait la presse, sur cette machine à fabriquer des monstres qu’est le djihadisme. Moi ce qui m’interpelle, c’est ce désir d’absolu qui a poussé le jeune Maxime Hauchard à changer de culture, puis de nom pour évoluer vers ce qu’il croit être devenu aujourd’hui : un justicier de Dieu ! Fallait-il qu’il soit mal, très mal dans sa peau ce jeune Français qui est allé chercher un remède à sa désespérance dans la pire des abominations actuelles. Les nihilistes du 19ème siècle aspiraient à un monde sans contrainte et sans classe et c’est au nom de cet idéal qu’ils assassinaient. Idem pour les anarchistes. Les communistes, eux, n’étaient pas pour les initiatives individuelles. Ils préféraient les actions de masse, les émeutes, les insurrections collectives dans l’espoir de bâtir une patrie des travailleurs qui révolutionnerait le monde. Les utopies qui faisaient alors se mouvoir tous les jeunes désespérés étaient, elles, porteuses d’espoir. Mais aujourd’hui, celle qui a conduit notre Maxime dans les rangs des bouchers de l’Islam est totalement mortifère. Ce que veulent ces noires milices qui hantent avec leurs 4/4 les pistes de Syrie et d’Irak et qui se découpent en ombres lugubres sur les collines arides, c’est purger le monde de toutes les mécréances, les hérésies, les spiritualités autres que la leur. Ne doivent subsister que des purs, des élus d’Allah, une sélection qui se solderait évidemment par une hécatombe monumentale, un holocauste à l’échelle de toute l’humanité, ne laissant qu’un nombre infime de survivants puisque l’aspiration suprême de ces djihadistes est le martyre. Les visages non masqués de la vidéo récente sont ceux de guerriers voués à ce sacrifice suprême. À quoi bon les cacher ? Bientôt, ils seront morts. Voilà pourquoi il nous a été permis de voir le troublant visage de Maxime. Demain, dans dix jours, un mois, il foncera bardé d’explosifs sur une foule d’impies, les emportant dans sa désintégration vers un néant d’une noirceur absolue. Que nous manque-t-il donc pour qu’un jeune de chez nous trouve sa voie dans de telles ténèbres ? Si j’étais à la place de nos élites politiques ou intellectuelles, je ne cesserais de retourner cette question dans ma tête.

Un bourreau français
Un bourreau français
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