Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Confession d’un enfant de la fessée.

Oui, je l’avoue, j’ai été parfois sévèrement fessé par ma mère ou par mon père, et parfois même par les commerçants du faubourg Maché, à Chambéry, qui avait le droit conféré par nos parents de nous corriger en cas de fautes graves. Et croyez-moi, des fautes graves, on en commettait beaucoup chaque jour. En voici quelques-unes afin de vous mettre dans l’ambiance. Bris de la vitrine du père Ramon, le marchand de légumes, à coups de lance-pierres. Bris d’isolateurs électriques en porcelaine, toujours à coups de lance-pierres. Harcèlement des vieux du quartier en allant frapper à leur porte plusieurs fois par jour sans jamais se montrer. Jeux à touche-pipi avec les filles dans les allées sombres. Vol à l’étalage. Maraude de pommes et de tous autres fruits chez les paysans alentour. Aie ! Aie ! Aie ! Là, ces sauvages, ce n’était pas des fessées qu’ils nous administraient, mais des coup de fusils avec des cartouches chargées de grains de gros sel. Vingt dieux que ça fait mal au cul ! La seule chose que ma mère ne permettait à quiconque, c’étaient les coups sur le visage. La moindre gifle valait au contrevenant une admonestation virulente. Il me souvient que, voulant attirer ses foudres sur un instit qui m’avait dans le nez, je lui dis un jour : « maman, monsieur Mestrallet m’a tapé sur la tête ». Pauvre homme ! Il regretta longtemps la petite taloche qu’il m’avait administrée, à juste titre d’ailleurs, parce que je n’avais pas fait mes devoirs et préféré à cette corvée rejoindre ma bande toujours à l’affût de bêtises. Oui, je le redis, pauvre homme ! Telle une des trois Erinyes, - Tisiphone sans doute qui veut dire la vengeance - elle fit irruption dans la classe du maître en plein cours et, braquant un doigt accusateur sur le coupable, elle proféra de sa voix aigre et féroce les pires malédictions s’il lui venait encore la mauvaise idée de toucher à ma sacro-sainte tête qui était en réalité une méchante petite bouille de loubard de Maché. Merci maman ! Grâce à toi monsieur Mestrallet se désintéressa totalement de moi et je fus un roi de l’école buissonnière doublé d’un dernier de la classe princier.

Mais pour ce qui est des fessées, ça ma mère, je le redis, elle y allait. Dans le Livre « Madame l’Etoile » où je raconte ma tumultueuse enfance, j’écris : « Elle n’avait pas le temps de nous éduquer, elle nous dressait ». Eh bien, je le reconnais aujourd’hui, ma sœur et moi avons été très bien dressés et de cette période inoubliable, j’ai conservé des fesses musclées qui par la suite m’ont permis de belles escalades à vélo ou à pied. Alors, moi, la fessée, à bien y regarder, je ne suis pas contre. Et si on la supprime, ne faudra-t-il pas un jour interdire aux enfants-rois que cette société fabrique, de frapper leurs parents ? La bonne journée à toutes et à tous ! Quand j’entends des « psy » modernes me parler des traumatismes de la fessée j’ai vraiment envie de leur montrer mon cul.

Confession d’un enfant de la fessée.
Confession d’un enfant de la fessée.

Partager cet article

Repost 0