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Ceux qui nourrissent nos rêves...

Question de mon amie Anne à propos du texte sur Omar Sharif : C'est quoi Jean la différence entre quelqu'un de mort et quelqu'un qui nous a quittés pour l'éternité ? Une formule ?
Réponse:
le mort est bien mort mais celle ou celui qui continue de vivre en nous après nous avoir quitté, lui ne disparait pas. Enfin son esprit, sa pensée, son oeuvre restent. Pourquoi bien des humains rêvent-ils de postérité, rêvaient-ils, devrais-je écrire ? Pour se prolonger au delas du trépas. Pourquoi, ce matin ces vers résonnent-ils dans ma tête?
"Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends."
A qui me font-ils penser? Tant d'auteurs, tant de musiciens, tant de créateurs continuent d'exister en nous. Mozart n'est-il pas immortel? Certes, aujourd'hui, l'immédiateté et le désintérêt du passé ont eu raison de cette notion de postérité qui a révélé naguère tant de génies. Un conquérant comme Gengis Khan lorsqu'il bivouaquait en Transoxiane a fait venir de Chine un anachorète taoïste réputé, pour qu'il lui révèle les secrets de l'éternité. L'homme ayant conquis le monde ne voulait plus le quitter et le savant ermite, pour ne pas la perdre, dut se creuser la tête afin de trouver les mots apaisants qui feraient comprendre au plus grand guerrier de tous les temps qu'il n'existait aucun philtre, aucune formule magique capable d'une telle prouesse; que la sagesse et aussi le vrai courage était d'admettre l'inéluctabilité de la mort. L'homme de la steppe qui avait à son actif des monceaux de cadavres fut terriblement ébranlé par cette révélation. Il avait pu vaincre les plus grands empires du monde mais la fatalité, elle, était inexpugnable. Il mourut peu après dans un grand désarroi moral. Et pourtant, lui aussi est entré par son oeuvre conquérante, dans le panthéon des "Immortels". On se souvient de lui, partout où il est passé et l'évocation de son nom suscite encore des frayeurs. A son rictus un rien satanique, je préfère comme toi, je présume, l'irrésistible regard, le sourire, la voix d'Omar Sharif qui sont encore en nous, comme sont en nous depuis l'enfance et l'adolescence l'oeuvre de Hugo et la grande ombre qui l'accompagne ou l'incomparable musique de Mozart et son rire de génie joyeux. Il y a les multitudes anonymes qui partent sans laisser de trace et ceux qui continuent de vibrer en nous à certains moment de nos vies, qui marquent nos pensées, influent sur nos humeurs et nourissent nos rêves... Ceux-là sont éternels... Vivaaaaa !

Ceux qui nourrissent nos rêves...Ceux qui nourrissent nos rêves...Ceux qui nourrissent nos rêves...
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