Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

De mon temps…

J’ai parfois mal à ma France, mais peut-être que ma France n’a jamais existée ? Peut-être que les maîtres qui me la racontaient dans mon enfance m’ont menti ? Peut-être que Robespierre n’était qu’un faquin ambitieux, St Just un pendard sanguinaire, Hébert un poltron haineux, Olympe de Gouge une catin, Claire Lacombe une gourgandine ? Peut-être que Victor Hugo n’a jamais écrit, Les Misérables, Quatre vingt treize ou les « Choses vues », Jules Vallès jamais édité le « Cri du peuple » ou rédigé L’insurgé. Peut-être que la commune de Paris n’était qu’un ramassis de canailles à l’instar de Charles Delescluze tombé sur les barricades en criant : « Place au peuple, aux combattants aux bras nus ! L’heure de la guerre révolutionnaire a sonné ! ».

Peut-être que Jaurès n’était qu’un faux socialiste puisque même Sarkozy aujourd’hui se permet de le citer dans des discours pourtant rarement consensuels. Peut-être que Hollande est en réalité un homme de droite puisqu’il a été adoubé par Chirac ?

Foin des peut-être. J’hésite toujours à dire « de mon temps c’était mieux qu’aujourd’hui » pour la seule raison que dans mon enfance, je me moquais intérieurement des vieux qui soupiraient cette formule avec un accent de regret. Et pourtant, de mon temps, on ne mangeait pas de viande ou de volaille tous les jours, mais quand on en mangeait on savait d’où elles venaient. Elles ne contenaient aucun produit nocif pour la santé et avaient très bon goût. Les paysans étaient encore de vrais paysans et non des producteurs industriels qui, étant soumis aux lois du rendement et de la rentabilité, usent sans vergogne de produits phytosanitaires dangereux pour l’environnement, la biodiversité, et la santé de toutes les espèces vivantes. François Hollande qui s’est pointé hier sur le tour de France nous a promis qu’il allait tout faire pour que la grande distribution favorise les produits français et les achètent un peu plus cher aux agriculteurs. Et il y est allé de son petit couplet au public pour le convaincre d’acheter français !

De mon temps…De mon temps…
De mon temps…De mon temps…

J’ignorai jusqu’alors qu’acheter français nous immuniserait contre les effets des hormones de croissance ou des antibiotiques dont sont bourrés les animaux d’élevage et des pesticides qui imprègnent nos fruits, légumes et céréales. Hélas, en ce domaine, la France n’est pas un label. Elle est même le plus mauvais élève de l’Europe. Moi, je mange bio et me fiche pas mal de la provenance du produit. Les Agriculteurs français n’ont qu’à montrer l’exemple et revenir aux règles qui régissaient leur métier aux temps des grands parents. Ce n’est surtout pas parce qu’un président de la République me suppliera de me montrer alimentairement chauvin que je l’écouterai. Oui je le dis haut et fort quitte à passer pour un vieux con : « De mon temps, on mangeait moins, mais on s’alimentait mieux ! De mon temps, il y avait des élus collabos, des électeurs pusillanimes (la majorité) et des résistants. Moi, j’étais fier de mon père qui combattait dans le bataillon des FTPF de Maurienne. De mon temps on allait chiper les pommes sur les arbres des bakans (cultivateurs) qui visaient nos fesses avec des fusils aux cartouches chargées de grains de sels - vingt dieux que ça brûlait - mais ciel, que leurs pommes étaient délicieuses ! On pouvait les croquer sans les peler et sans risquer d’attraper un foutu cancer. De mon temps on en était encore au capitalisme patriarcal que l’apparition des multinationales allait rendre caduque. De mon temps, l’homme n’était pas encore jetable, j’étais jeune et la vie me semblait foutrement belle. Vivaaaaaa !

De mon temps…
De mon temps…De mon temps…
De mon temps…De mon temps…De mon temps…

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :