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Les chevaliers de la Grande Boucle

Le tour de France se termine ce soir sur les Champs Elysées. Le vieux cycliste solitaire que je suis adore évidemment le vélo et les jeunes braves qui pratiquent ce sport difficile, exigeant une ténacité, une endurance à toute épreuve et beaucoup de courage. Ceux qui tombent sur la route se relèvent en sang, quand ils se relèvent. Que d’os brisés, de chairs lacérées, avec pourtant la force de ne pas abandonner à l’image de Jean Christophe Péraud qui s’est accroché jusqu'au bout en serrant les dents, sans jamais se plaindre, parvenant même à rejoindre le peloton qui l’avait lâché lors de sa chute, dans la douzième étape entre Muret et Rodez.

J’aime leur modestie joyeuse dans la victoire, leur retenue sans aigreur dans la défaite ou l’adversité. Hier dans l’ascension de l’Alpe d’Huez Thibaut Pinot, poursuivi par le redoutable grimpeur colombien Nairo Quintana, deuxième au classement général, est allé jusqu’au bout de ses forces pour remporter cette étape, la plus difficile du tour. Pendant ce temps Chris Froome, qu’on soupçonnait invincible, accusait une souffrance impossible à cacher, durant cette escalade qui fut pour lui un chemin de croix. « Je suis mort mille fois dans l’Alpe d’Huez » devait-il déclarer à l’arrivée de l’étape. Le pire, voyez vous, c’est que, pendant que ce grand champion grimpait dans la douleur, il subissait les lazzis et les insultes de spectateurs avinés qui sans l’ombre d’une preuve, le soupçonnent de dopage. Ces gens là, oui ces baufs qui gesticulent comme des forcenés au passage des coureurs, qui jouent les toréadors en agitant je ne sais quels drapeaux et exhibent, en trottant comme des ânes à côté des jeunes cyclistes en plein effort, leurs grasses fesses blanches, me font honte. Je les soupçonne d’être aussi des supporters du football, vous savez ce sport où au moindre petit choc, les supposés grands champions qui pètent dans la soie, se roulent par terre en faisant d’affreuses grimaces comme s’ils souffraient atrocement.

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Non, le cyclisme qui exige de la part de ses adeptes, de l’élégance, un esprit chevaleresque et de l’endurance ne mérite pas d’avoir pour public ces bandes de braillards vulgaires venus polluer le bord des routes et jeter le discrédit sur la majorité des spectateurs, par bonheur plus décente. Les émoluments des coureurs, même avec des sponsors, sont très très loin d’égaler les cachets indécents de ces paons du ballon rond. Le moteur principal de tous ces amants de la « petite reine » n’est pas le fric mais une envie de gloire, fut-elle éphémère. Hier, sans ses deux équipiers, Wout Poels et surtout Richie Porte, Froome aurait peut-être lâché prise et perdu le Tour. Ces deux hommes ont été admirables. Je voudrait saluer ici nos espoirs français : Tony Gallopin, Christophe Riblon, Waren Barguil, Romain Bardet et bien sûr Thibaut Pinot qui nous ont fait rêver tout au long de la grande boucle. Un coup de chapeau évidemment à Vicinzo Nibali le champion d’Italie accrocheur dans les cols, casse-cou dans les descentes, à Peter Sagan le beau gosse slovaque au maillot vert, et à Alberto Contador qui en a bavé mais s’est accroché jusqu’au bout. N’oublions pas le petit Colombien Nairo Quintana qui ne restera pas, à 25 ans seulement, un éternel second et peut très bien l’an prochain arriver avec le maillot jaune sur les Champs Elysées. Enfin un grand bravo à Christopher Froome, le cycliste impavide, qui a gagné avec panache.

VIVAAAAAAAAAA !

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