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Quand le FN surfe sur la vague grecque.

Pour lutter contre le système financier qui sévit dans la zone euro, les Grecs ont inventé Syriza, les Espagnols Podémos et nous, un front de gauche animé par un ex-sénateur socialiste, soucieux de donner un nouveau coup de pouce à une longue carrière politique jusque là peu marquante, auquel se sont associés les survivants d’un appareil communiste moribond. Comment voulez-vous que ce ravaudage puisse, en France, incarner le changement ? Le paradoxe, chez nous, c’est que le parti jugé le plus crédible, par beaucoup de nos concitoyens, pour lutter contre l’économie de marché, est le Front National. C’est un peu comme si les Grecs avaient choisi Aube Dorée à la place de Syrisa.

Ce n’est plus, il est vrai, le vieux menhir breton aux formules scandaleuses et aux casseroles tintinnabulantes, qui dirige mais sa fille au langage plus nuancé et aux attitudes politiques nettement plus habiles. Un petit voyage en Israël pour dire aux sionistes que l’antisémitisme viscéral de papa est définitivement révolu, que les juifs ne sont plus des ennemis, mais au contraire des alliés indispensables pour lutter contre l’Islamisme. Un petit voyage à Moscou pour faire comprendre à Poutine que si elle parvenait au pouvoir elle procéderait à un changement d’alliance historique et lâcherait l’Amérique au profit de la Russie. Beaucoup de petits voyages dans les provinces de France afin d’expliquer au public qu’il n’y a plus aucun avenir dans la zone euro pour notre pays trainant comme un boulet ses deux mille cent milliards de dettes impossibles à rembourser mais qui pourtant obligent tous les gouvernants à accroitre la pression fiscale sur une classe moyenne de plus en plus excédée.

Quand le FN surfe sur la vague grecque. Quand le FN surfe sur la vague grecque.

Qui a été le premier à se réjouir de la victoire du « non » en Grèce et à applaudir Alexis Tsipras ? Florian Phillipot, le numéro 2 du Front. On nage en pleine invraisemblance. L’extrême droite applaudissant un leader d’extrême gauche. Imaginez Marine Le Pen et Olivier Besancenot s’embrassant avec fougue sous les yeux d’un public tout ébahi par cette inconcevable idylle ? Non, là-bas, à Athènes, les militants de Syrisa et d’Aube Dorée, comme chez nous l’extrême gauche et l’extrême droite, sont loin de se faire les yeux doux car si les premiers échouent, les seconds n’auront alors aucun mal à accéder pouvoir. En France, la situation est plus complexe. Le Front National ne peut réussir que par les urnes. Il cherche à se substituer à la droite traditionnelle qui lui emprunte tant d’idées. Mieux vaut l’original que son clone souligne la fille de Jean-Marie qui, jusqu’à présent, surfe brillamment sur la vague populiste et eurosceptique d’une partie de la population. Congratuler les vainqueurs grecs ne peut que lui apporter des voix et surtout cela contribue à faire oublier aux futurs électeurs les fondations xénophobes, intolérantes et racistes qui supportent son organisation. Sa partie visible est certes devenue plus attrayante mais il est peu probable que sa partie souterraine ait vraiment changé. C’est pourquoi quand sonnera l’heure de la présidentielle, il faudra bien réfléchir avant de mettre son bulletin dans l’urne et ne pas se fier aux apparences. L’extrême droite et la finance, qu’on se le dise, n’ont jamais été en guerre. Ils s’adaptent l’un à l’autre en fonction des circonstances. Le FN est à l’opposé de Syriza ou de Podémos. Aube Dorée qui n’a pas ravalé sa façade est sa sœur jumelle. C’est bon à savoir. Vivaaaaaa !

Quand le FN surfe sur la vague grecque. Quand le FN surfe sur la vague grecque.
Quand le FN surfe sur la vague grecque. Quand le FN surfe sur la vague grecque.

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