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Vous chantiez, j’en suis fort aise…

Le roi de la synthèse arbore un sourire de vainqueur. Rendez-vous compte, il est parvenu à adoucir l’indomptable Merkel et à faire entendre raison à presque tous les délégués européens, hostiles à la Grèce et à son manque total de rigueur. Oui, notre président plastronne. Il ferait bien d’avoir le triomphe un peu plus modeste car les Grecs auront bien du mal à honorer leurs promesses. Ce peuple courageux est la brebis expiatoire des anciennes familles politiciennes dispendieuses et prévaricatrices qui ont été chassées du pouvoir, des armateurs milliardaires exemptés de charges, de l’église orthodoxe fabuleusement riche qui trouverait humiliant d’avoir à rendre des comptes à l’Etat, des entrepreneurs qui trichent avec le fisc et des commerçants qui, refusant les cartes de crédit, se font payer en cash pour mieux falsifier leurs comptes. On sait tout cela et, malgré les promesses qu’Alexis Tsipras a faites à Bruxelles, il est illusoire de penser que la Grèce va du jour au lendemain entrer dans une ère vertueuse au sens où l’entendent les maîtres de la finance. Les fraudeurs ne manquent pas de ressources et de « combinatione » pour éviter les fourches caudines de l’administration fiscale ou tromper la vigilance des contrôleurs du FMI. Ce pauvre pays va pourtant être obligé de brader ses biens publics à l’instar du port du Pirée qui est désormais une propriété chinoise, de privatiser ses banques, ses voies de communication, tout son circuit électrique. Les retraites, déjà bien maigres, seront revues à la baisse et l’augmentation de la TVA va faire flamber les prix. Le peuple, on le voit, n’est pas au bout des sacrifices qu’on lui impose.

Vous chantiez, j’en suis fort aise…Vous chantiez, j’en suis fort aise…Vous chantiez, j’en suis fort aise…

C’est pourquoi je déteste les imbéciles qui mettent tous les Grecs dans le même panier et les abreuvent des pires injures. Contrairement à eux, moi je les plains et mes pensées volent vers ces petits employés qui ne pouvant plus payer leur loyer à Athènes ont fui chez leurs parents à la campagne. Quand je vois ces boutiques locales, sans enseigne internationales pour les soutenir, qui ferment les unes après les autres, quand je vois tous ces jeunes qui la mort dans l’âme s’expatrient faute de pouvoir trouver un emploi chez eux, quand je vois tous ces vieux Athéniens qui errent comme des âmes en peine entre la place Syntagma (de la constitution) et la place Omonia ( de la Concorde), j’ai de la peine. Il fut une époque où dès le matin au lever du soleil les anciens venaient ici siroter leur café en laissant glisser entre leurs doigts les grosses boules ambrées de leur komboloy, comme s’ils égrenaient le temps. Il fut une époque où dans les cités affairées de l’Hellade les gens chantaient aux sons endiablés des bouzoukis. Il fut une époque insouciante où le peuple était heureux. C’était hier, avant hier peut être, avant les colonels en tout cas. Et dame Europe, en fourmi intransigeante voudrait dire aujourd’hui à cette cigale hellénique : vous chantiez, j’en suis fort aise, eh bien dansez maintenant. Non, les financiers n’auront pas le dernier mot. Si l’on veut bâillonner la Grèce, elle se révoltera encore et encore entrainant dans ses danses endiablées tous les peuples avides de s’émanciper des tyrans monétaires. Vivaaaaa !

https://www.youtube.com/watch?v=4UV6HVMRmdk

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