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Vanité...

Bonjour attentives prochaines et conciliants prochains

Aujourd’hui je vais vous proposer un poème tiré de mon recueil « Le chant du Farou ». Je le trouve de circonstance, qu’en pensez-vous ?

Vanité

Le monde croupit dans la médiocrité,

Et je n’échappe pas à la règle.

J’aspire à la gloire, je me prends pour un aigle.

Je rêve de succès et de postérité.

Je crois être un démiurge

Et je ne suis qu’un homme.

Vanité !...Vanité !...

L’Ecclésiaste a bien dit.

Tout n’est que vanité.

De ma probité je tire avantage.

Ma fausse humilié embellit mon image.

Sans aucune pitié, je juge mon prochain.

Je le vois sot et veule, flagorneur et mesquin,

Etroit d’esprit, calculateur, sans âme,

Nabot servile, cabot infâme,

Qui face aux puissants se prosterne

Et clabaude sur ses subalternes.

Je le vois de très haut parmi tous ses semblables.

Anonyme il se fond dans la foule innombrable.

Et je ne parviens plus à la différencier

Du pullulement incohérent qui s’entasse

Dans les labyrinthes des réseaux routiers,

Et les jours d’évasion sur toute aire

Où l’entraîne l’instinct grégaire.

Le voici qui s’arrête, se détend, se prélasse

Puis de nouveau reprend la cohue casanière.

Où est autrui dans ce fourmillement

Qui va, qui vient, sans but logique

Et se meut selon une arithmétique

Qui échappe à mon entendement ?

Vanité...Vanité...

Où est autrui, je l’ai perdu ;

Perdu dans cette multitude esclave

Des pouvoirs qui la dominent

Des marchands qui la gave

Des partis qui l’endoctrinent

Afin de mieux l’enchaîner

A son bonheur mécanisé,

A ces bureaux glacés, patrie des chefaillons,

A ces grands ateliers pareil à des prisons,

A ces embouteillages des départs en vacances,

A ces lundis moroses où tout recommence :

L’acceptation de son sort, la lutte terre à terre

Pour une promotion ou un plus haut salaire,

Les bouffes, les bitures et les parties de cul,

Puis le sommeil béat des esclaves repus.

Et le boulot encore, et le boulot toujours,

Les brèves escapades, les éternels retours.

Oui ! J’ai perdu autrui dans ce cycle infernal ;

Autrui que j’observais du haut du piédestal

Où prétentieusement je m’étais installé

Pour ne pas me confondre avec la mêlée

Et critiquer le monde en toute impunité.

Mais autrui, c’était moi, autant que vous, pardi !

Vanité !...Vanité !...

L’ecclésiaste a bien dit.

Tout n’est que vanité.

JB.

Bonne journée, rêveuses et rêveurs

Vanité...Vanité...Vanité...
Vanité...
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