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Vigilance et révolte !

Je suppose que mes articles fréquents - sur des événements graves que nous vivons en France et dans le monde, en cette période instable - doivent en agacer certains. Je demande aimablement à ces personnes, si c’est le cas, de me radier de leur liste d’amis. Je n’en prendrais pas ombrage. Vous savez, mes révoltes sur la marche du monde, ne sont pas des foucades. J’ai été reporter de guerre, dans la presse écrite et à la télé, pendant trois décennies avant de lancer un magazine de grand reportage (à TF1) qui dura presque trois lustres et s’acheva le jour de mon départ à la retraite. Néanmoins, ce n’est pas parce que je ne suis plus employé par un organisme de presse, que je cesse d’être celui que j’ai été durant les cinquante plus belles années de ma vie. En dehors de mon métier qui reste ma passion primordiale, j’aime la poésie pour les délicieuses rêveries qu’elle nous offre, la lecture qui est l’une des plus passionnantes ouverture sur le monde et évidemment l’écriture qui empêche ma créativité, même émoussée par les ans, de s’estomper trop vite. Mes amis proches savent tout cela. Je le précise pour les autres qui, me connaissant mal, peuvent me prendre pour un donneur de leçon à la petite semaine.

Vous savez, malgré mes 80 « balais », si proches, dès les Infos du matin à la radio, je me mets à bouillonner d’impatience, de colère ou de joie et ayant été durant toute mon existence un « passeur », c’est à dire un informateur soucieux de transmettre ce que j’avais vu ou entendu au plus grand nombre, j’éprouve un besoin impérieux, encore aujourd’hui, de décrypter l’actualité et de faire partager mes émotions et mes doutes, sans en tirer cette fois l’ombre d’un profit autre que moral, aux quelques dizaines de lecteurs fidèles qui ont remplacé les nombreux téléspectateurs de jadis. N’ayant pas la science infuse, je peux parfois me tromper mais mon expérience du terrain et du métier ont quand même un peu affuté ma lucidité. Un exemple parmi tant d’autres : j’avais émis d’emblée des doutes sérieux sur l’authenticité de l’image montrant le corps de l’adorable petit Kurde Aylan, allongé sur une plage de sable fin, avec ses habits tout propres, trop propres, dans une position qu’ont souvent les bébés en dormant. L’émotion suscitée par cette photo a été déterminante dans l’ouverture des frontières des grands pays d’Europe, de l’Allemagne en particulier, au flux migratoire parti de la région de Bodrum en Turquie. Il est maintenant avéré que la police turque a procédé elle même à la macabre mise en scène de ce cliché cathartique. Et pourquoi l’a-t-elle fait me direz-vous ? Eh bien tout simplement pour nous contraindre à ouvrir grand nos portes aux migrants que le sinistre Erdogan, un des marionnettistes majeur de la région, ne veut pas voir s’accumuler chez lui. La photographe y a trouvé son compte. Sa « mise en scène » a fait le tour du monde.

Ne pas prendre tout ce qu’on nous montre ou raconte pour argent comptant, devrait être le « béa-ba » du journalisme. Or, quand on sait qu’aujourd’hui la plupart des grands médias sont sous contrôle soit des financiers à l’ouest, soit de l’Etat dans les ex « démocraties populaires », ou dans les régimes totalitaires, le scepticisme devient une nécessité ! Si j’ai intitulé le blog qui reprend mes billets de facebook « Révolte », c’est parce qu’au crépuscule de ma vie, je ressens le besoin d’alerter mes semblables sur tous les dangers qui menacent notre espèce. Capables de clairvoyance à titre individuel, nous sommes, à mon sens, collectivement atteints d’une incurable cécité ou d’un désolant panurgisme : le fameux instinct du troupeau que Nietzche vilipendait. Et si je me révolte, c’est parce que je pense à nos petits enfants, à tous les petits enfants du monde, que nous devrions éclairer de nos expériences et armer pour affronter dignement la vie. Ils sont une proie si facile pour les marchands d’illusion.

« La révolte, écrivait Camus, tire l’individu de sa solitude. Elle est un lien commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur : JE ME REVOLTE, DONC NOUS SOMMES. »

Alors adieu à ceux que mes considérations ennuient et bonjour à vous biches facétieuses et beaux cerfs arrogants. VIVAAAA !

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