Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Comme une odeur de guerre…

Vive Tarek Oubrou, Imam de la mosquée de Bordeaux, intellectuel brillant et respecté, qui fustige l’islam wahhabite, « un islam de bédouins incultes et sectaires qui grâce au pétrole affichent une richesse insolente ». Ce religieux mériterait d’occuper le poste du recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, dépourvu d’idées lumineuses et lié à l’Etat totalitaire algérien qui le finance en partie.

Oui, j’ai écouté Tarek Oubrou sur France-Inter et je me suis demandé pourquoi on nous infligeait dans les médias des propos débiles d’imams débiles au lieu de diffuser largement les prônes intelligents d’authentiques lettrés de l’islam qui n’ont rien à envier aux meilleurs théologiens juifs ou chrétiens ? Veut-on nous pousser à la haine ?

Elargissons notre champ de vision. Que se passe-t-il au Moyen Orient ? D’un côté vous avez une coalition comprenant officiellement les Etats-Unis, la France, un peu l’Angleterre, l’Arabie Saoudite et la Turquie qui bombardent des prétendues cibles de Daech « l’Etat Islamique ». De l’autre, vous avez Daech, Daech, rien que Daech ? Si c’est le cas on se demande comment après tant et tant de bombardements ce pseudo califat continue de progresser sur le terrain. Regardons donc cette fois cette étrange situation à la loupe.

La coalition pro-occidentale, elle, ne change pas. Toutefois, car forcément il y a une partie cachée, Daech n’est pas seul au monde, loin s’en faut. Les services secrets des pays qui le combattent, auxquels il faut ajouter, bien sûr, le Mossad israélien directement concerné par ce qui se passe à ses frontières, lui apportent en sous mains les perfusions nécessaires à son existence. On frappe d’un côté, on réanime de l’autre. Pourquoi ce double jeu, dans quel but ? Cette histoire commence avec la guerre du golfe, la toute première, celle qui éclate entre l’Iran et l’Irak entre 1980 et 1988 et qui a fait plus de 1 million de morts. A l’époque, les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite étaient alliés de l’Irak. Eh oui, nous l’avions oublié, les Iraniens sont chiites, autre branche de l’islam, l’islam persan, et ils ont le tort d’exprimer un peu trop ouvertement leurs droits historiques sur le golfe persique et le détroit d’Ormuz donnant accès à la mer rouge et par où passe 35% du commerce mondial de pétrole.

Alors là, qu’importe que Saddam Hussein soit un tyran qui martyrise chez lui les Chiites et les Kurdes. C’était un laïc certes mais un laïc sunnite, comme les Saoudiens, nuance ! L’Amérique le soutint donc. Quand cette horrible guerre cessa, les deux pays belligérants étaient exsangues et surtout une haine religieuse, attisée tout au long du conflit, avait créé un clivage profond entre les deux grands courants de l’Islam. Néanmoins, le but ne fut pas atteint et le but, était de vassaliser l’Etat irakien à l’Arabie Saoudite.

Eh oui, les Saoud et les Anglo-saxons sont des alliés de longue date. C’est grâce à l’aide militaire déterminante de l’Angleterre qu’Ibn Saoud avait pu, dans les années 20, chasser le Sheriff Hussein, un hachémite, ( aïeul de l’actuel roi Abdallah de Jordanie) qui était le gardien de la Mecque et prendre sa place. C’est ensuite grâce aux Américains qu’il a pu prospérer. Tout ça pour des barils, pas des barils de vin, on s’en doute.

Survint en 1990 un litige pétrolier entre l’Irak et le Koweït. Convaincu que les Etats-Unis étaient des amis sûrs, Saddam Hussein se laissa manipuler par l’ambassadrice Américaine April Glaspie qui lui affirma qu’en cas d’attaque du Koweït, Washington n’interviendrait pas. On connaît la suite. Environ 400 000 militaires américains, 100 000 saoudiens, 28 000 Britanniques, 21 000 soldats syriens, (A cette époque les Syriens sont dans le coup), 19 000 fantassins égyptiens, 18 000 Français et des troupes de dizaines d'autres nations foncèrent vers Bagdad. L’Irak se fit déglinguer, pas son tyran. C’était sans doute trop tôt.

Comme une odeur de guerre…Comme une odeur de guerre…Comme une odeur de guerre…

Entre-temps il y avait eu le revirement aussi imprévu que spectaculaire du Saoudien Ben Laden, un ex. agent de la CIA qui avait combattu en Afghanistan contre les Soviétiques et qui, pour d’obscures raisons, peut-être des promesses non tenues, s’en prit à ses commanditaires. Rêvant d’un vaste ensemble islamique dont il serait le calife et qui engloberait bien sûr l’Arabie Saoudite, il se lança dans un nouveau Djihad. Badaboum ! ça explosa partout, y compris au cœur de Manhattan et sur les hauteurs de l’Hindou-Kouch. Pour la CIA, cependant, la cible primordiale restait l’Irak et le grand mensonge sur les « armes de destructions massives » va être le prétexte de la troisième guerre du Golfe. Cette guerre éclair mit fin au régime irakien pas à l’Etat. Celui-ci passa plus ou moins sous le contrôle des chiites et des kurdes, ce qui déplut souverainement aux Saoudiens.

C’est alors qu’apparut Daech. Son leader Abu Bakr Al-Baghdadi ex-prisonnier à Guantanamo de 2004 à 2009 aurait, d’après le transfuge de la NSA, Edward Snowden, été recruté par la CIA et le Mossad pour fonder un groupe en mesure d’attirer des djihadistes de différents pays vers l’Irak et la Syrie dans le but de leur faire combattre les gouvernements en place et du même coup d’oublier Israël. D’après lui, cette opération aurait été nommée : « nid de frelons ». Info ou Intox ? Je l’ignore. Un fait est certain, alors qu’à ses frontières tout est à feu et à sang, l’Etat hébreu peut poursuivre sa politique odieuse d’implantations illicites dans les territoires occupés face à des Palestiniens, nus et désarmés, qui n’ont que leurs yeux pour pleurer. Aujourd’hui, l’homme à abattre, c’est l’allié d’hier, c’est Assad, présenté comme un monstre cruel. Eh oui, on brise la Syrie comme on a déjà brisé l’Irak. Ainsi, Saoudiens, Américains et Israéliens pourront en faire un protectorat fantoche. Loin de moi l’idée de vouloir édulcorer le portrait de Bachar. Nonobstant ce n’est pas lui qui a massacré les chrétiens, les yézidis, des alaouites ou des laïcs en masse, pas lui qui a rasé la ville kurde de Kobané. Cet homme, Assad, est un tyran, c’est vrai, mais j’aimerais qu’on m’explique en quoi il est moins fréquentable que les féodaux saoudiens qui pratiquent encore esclavage, lapidations, décapitations, tortures en tout genre et ne tolère aucune autre autre religion que l’Islam dans leur pays ? L’état syrien est en train de s’effondrer sous nos yeux et avec notre concours actif sans qu’on n’ait, nous citoyens français, notre mot à dire.

Comme une odeur de guerre…Comme une odeur de guerre…Comme une odeur de guerre…

La tache, cependant, ne va pas être simple. Les Russes, vieux amis des Syriens, ne vont pas rester sans rien faire. Poutine a donné ordre à son aviation de bombarder les positions de Daech. Je comprends que la triplice ( Etats-Unis – Arabie-Saoudite – Israël) en soit très contrariée. D’autant que les Chinois semblent prêts à entrer à leur tour dans la danse avec leur porte avion Liaoning-CV-16 qui se rapproche du canal de Suez. La flotte et l’aviation en Iran sont aussi en alerte maximale et songent à aller secourir les yéménites qui subissent les raids meurtriers des monarchies pétrolières. Sont-ce les prodromes d’une troisième guerre mondiale?

Revenons à la case départ. Vive Tarek Oubrou Imam de la mosquée de Bordeaux qui nous invite à nous méfier du Wahhabisme saoudien, eh oui, les Saoudiens, toujours, pur reflet d’un régime autocratique, figé, qui loin d’éclairer les musulmans, les tirent vers le bas, vers les ténèbres. Il serait grand temps de revenir à plus de neutralité et de bon sens.

Quand je constate que Fabius et Hollande, comme Sarkozy avant eux, sont à l’ouest au point d’en perdre le nord, je ne peux qu’être affligé. L’image qu’ils donnent de la France n’est pas très flatteuse : Un pays en faillite matérielle et morale qui n’a plus de vision, plus d’idéaux, plus de projet, un pays uniquement obsédé par sa dette abyssale et qui sollicite les investisseurs éventuels comme un mendiant sollicite une obole. Avec les liens historiques que nous avons entretenus jadis dans la région, nous aurions pu, si nous avions su rester neutre, jouer un rôle important. Aujourd’hui, hélas, plus personne ne nous prend au sérieux. Les Américains nous considèrent comme quantité négligeable, les Russes nous ignorent, les Israéliens se moquent de nous, les Saoudiens nous traitent en laquais, les Iraniens nous en veulent. Que sont nos amis devenus…

Comme une odeur de guerre…Comme une odeur de guerre…Comme une odeur de guerre…

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :