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La neige était sale !

Nous avons eu droit cette semaine à deux actualités qui appellent à réflexion. La première est bien évidemment la sublime victoire des All blacks qui ont survolé une équipe de France désordonnée et poussive. Vraiment, ces joueurs Néozélandais me subjuguent. Association apparemment hétérogène de purs britishs, de métis et d’authentiques Maoris ces joueurs exceptionnels ont réussi le tour de force de prendre le meilleur des souches humaines qui composent leur équipe : la pugnacité des Anglais, la vigueur des sangs mêlés, le tellurisme et la vélocité des autochtones qui d’emblée avec le puissant haka, provenant de la nuit des temps, appellent à eux les énergies de la terre mère. Chez les All Blacks chaque joueur est connecté aux autres et le ballon ovale est comme un glaive sacré qui doit impérativement percer la ligne des adversaires et venir se ficher dans leur embut. Plus qu’un match, c’est une grand-messe païenne qu’ils nous offrent à chaque rencontre. Avec eux le rugby n’est plus un sport, c’est un culte.

La neige était sale !La neige était sale !
La neige était sale !La neige était sale !La neige était sale !

Autre évènement, de moindre importance, je vous l’accorde, mais qui mérite un petit arrêt sur image : la visite de François Hollande en Islande pour évaluer les effets du réchauffement climatique. Il était accompagné de l’écolo de circonstance, Ségolène Royal, et de l’ami Nicolas Hulot. Il me souvient qu’à l’époque d’Ushuaia sur TF1 ce cher Nicolas s’extasiait sur les beautés, pourtant déjà résiduelles de la nature, qu’il survolait en hélico ou explorait en plongée sous-marine, et ne récriminait pas encore sur les dommages irréparables que l’homme lui faisait déjà subir. Seul Arthus Bertrand par sa terre vue du ciel, avec de parlantes et superbes photographies, nous avait alors alertés.

Il me souvient d’un Ushuaia consacré à la fédération malaise et au Sarawak qui en dépend, où il n’était fait aucune allusion au déboisement catastrophique et à la disparition totale des peuples chasseurs-cueilleurs et forestiers qui y vivaient. A la même époque à « 52 sur la Une » nous étions partis à la recherche de Bruno Manser. Ce jeune anthropologue suisse avait rejoint le peuple Penan dans les jungles du Sarawak afin de l’étudier et aussi de l’aider à organiser sa résistance. Nous avions pu le rencontrer dans une zone où les tronçonneuses que l’on entendait vrombir au loin n’avaient pas encore opéré. Il se sentait terriblement menacé. Sa tête avait été mise à prix par les autorités malaises. Pourtant, de son hélico, ce cher Nicolas n’avait vu que du beau. Il faut dire que ce pays, comme tant d’autre pays prédateurs, n’hésitaient pas à lui fournir gratuitement toute la logistique nécessaire à la réalisation de ses émissions prestigieuses et cette logistique était considérable.

Un jour Bruno a vraiment disparu et nous sommes retournés sur ses traces. Ce fut la toute dernière enquête de « 52 sur la Une ». Je l’avais intitulé : « Ils ont tué Bruno Manser » ! Ce n’était pas une accusation sans fondement. Nous avons apporté la preuve que les autorités malaises l’avaient effectivement fait assassiner. C’est d’ailleurs ce drame qui m’a inspiré mon roman intitulé « Chaman ».

Soyons honnête. Ce cher Nicolas a depuis beaucoup changé. Il a créé sa fondation pour la défense des biotopes et il est devenu « l’envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète ». Dont acte.

Entouré de son ex épouse et de son conseiller climatique, voici donc notre président in situ en Islande, en train d’effriter dans sa main un morceau de glace et d’expliquer que c’est ici, plus qu’ailleurs, qu’on constate les effets du réchauffement climatique. Je vous invite à bien regarder les images. Tout autour de cette présidentielle délégation la neige, cette belle neige qui recouvrait les paysages d’hiver de mon enfance savoyarde, la neige, dis-je, a la couleur de la suie. Regarder ces amas fuligineux d’une repoussante noirceur. Beurk ! Eh bien eux, ils ne les voient pas. Pourtant il y aurait eu, là, matière à faire un remarquable plaidoyer sur la nocivité des énergies fossiles, des hydrocarbures et des moteurs à explosion qui empoisonnent l’air que nous respirons. Même le Mont Blanc, même l’antarctique ont perdu leur blancheur immaculée! Eh bien non. On ne touche pas au pétrole ! Faudra-t-il attendre encore longtemps le passage aux véhicules électriques, aux énergies renouvelables, et la fin de ces ploutocraties insolentes et nocives auxquelles l’or noir a donné le jour ? Les progrès de la recherche avaient permis d’augmenter la durée de la vie humaine. Les pollutions exercent désormais l’effet inverse. Nom de dieu, il est grand temps d’y voir clair ! Vivaaaa !

La neige était sale !La neige était sale !
La neige était sale !

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