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 La vraie histoire du grand mufti de Jérusalem

Netanyahou vient cette semaine de réinventer l’histoire afin de faire passer les Palestiniens pour d’horribles antisémites. A l’en croire, c’est le grand mufti de Jérusalem, Ali Al-Husseini, lors de sa visite à Berlin en 1941, qui aurait suggéré à Hitler, lequel souhaitait seulement les expulser d’Allemagne, de brûler sur place tous les Juifs. Je comprends que Bibi n’ait pas lu « Mein Kampf » l’œuvre majeure du grand Adolf où le sort qu’il destinait a ses coreligionnaires se lisait clairement entre les lignes, mais qu’il ait exclu de sa mémoire le célèbre discours que le führer prononça en 1939 au Reichstag et dans lequel il exprimait sa volonté d’une totale extermination, révèle clairement sa mauvaise foi. C’est en Octobre 1941, un mois donc avant la venue du grand mufti qu’a été prise la décision d’ouvrir les camps de la mort et qu’ont débuté les premiers tests de gazage dans des camions. Ce n’est donc pas le religieux musulman qui a inspiré le fondateur du nazisme mais plutôt l’inverse. Loin de moi l’idée de vouloir blanchir le grand mufti. S’il était un farouche militant de la cause arabe, il n’était pas un personnage très sympathique et ne faisait pas l’unanimité parmi ses proches.

Il faut savoir que les Husseini appartiennent à l’une des plus vieilles et des plus influentes familles palestiniennes de Jérusalem. Pendant la première guerre mondiale le jeune Ali était évidemment du côté des Turcs. La déclaration Balfour de 1917 qui promettait l’instauration d’un foyer national juif en Palestine, exacerba la haine de ce patriote ombrageux à l’encontre des migrants israélites. Dès 1920, lors de la fête religieuse de Nabi Moussa, il fit partie des leaders nationalistes qui poussèrent la foule palestinienne à commettre un pogrom dans le quartier juif de Jérusalem, lequel fit une dizaine de mort et plus de 250 blessés. Pourchassé par la police britannique, il se réfugia en Syrie où les Français refusèrent de l’extrader. Il ne rentra en Palestine qu’une fois gracié par le nouveau Haut-Commissaire britannique Herbert Samuel qui encouragera sa nomination au poste de grand mufti. Il espérait que ce nouveau promu l’aiderait à juguler l’exaspération accrue des Palestiniens face à l’immigration sioniste qui débarquait dans le pays avec de gros moyens et des ambitions évidentes. C’était mal le connaître. De 1936 à 1939, il inspirera la grande révolte palestinienne contre les troupes anglaises et les implantations juives. 20 000 tommy’s seront dépêchés en renfort. 5000 Palestiniens, 262 Britanniques et 300 juifs tomberont pendant les combats. La répression fut impitoyable, 120 meneurs condamnés à mort, 40 pendus.

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 La vraie histoire du grand mufti de Jérusalem

Al Husseini s’enfuit chez les Français au Liban, puis participa au soulèvement anti britannique en Irak. C’est après toutes ces révoltes avortées qu’il rendit visite d’abord à Mussolini, puis à Hitler. Certes, s’il avait été un peu plus prudent, il aurait réfléchi à deux fois avant de rechercher l’appui des forces de l’axe qui luttaient contre les Britanniques et massacraient les Juifs mais pour lui, puisqu’ils avaient les mêmes ennemis, ils se devaient d’être amis. Son erreur c’est de n’avoir pas mis, comme savent si bien le faire les Anglais, deux fers au feu, l’un chez Hitler et l’autre chez Staline qui aurait pu après la victoire mettre son véto à la création d’Israël. Cette erreur stratégique sera funeste aux Palestiniens qui ont tant lutté pour leur pays que le cynique Netanyahou achève de grignoter.

Un petit rappel historique pour montrer que la duplicité des sionistes n’a rien à envier à celle des Anglais. Lors de la première guerre mondiale, eux, ne commirent pas l’erreur que perpétrera le mufti. Ils avaient bel et bien joué sur les deux hypothèses envisageables et disposaient non seulement d’agents connus et très actifs à Londres, mais d’autres plus souterrains et tout aussi actifs à Istanbul en cas de victoire des Turcs.

En 1945, la France, alors soucieuse de son image auprès des pays arabes, accueillit le grand mufti et refusa de répondre aux demandes d’extradition de la Grande Bretagne. Il fut hébergé à la Roseraie, une villa de Bougival, avait un cuisinier à sa disposition et pouvait se déplacer librement. En 1946, muni d’un faux passeport fourni par le quai d’Orsay, il s’envola pour le Caire. Il mourut le 5 juillet 1974 à Beyrouth sans que le Mossad n’eût au préalable cherché à lui mettre la main au collet. Difficile de faire à Jérusalem un procès à la Eichmann pour un Al Husseini dont le nom est chevillé à l’histoire de cette ville.

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