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Un nuage de paix au dessus des couteaux…

Hier, en début d’après midi, sur France-Inter, j’ai suivi un débat passionnant sur Israël et la Palestine entre Leïla Shahid et Elie Barnavi qui analysaient la révolte actuelle « des couteaux ». A les entendre tous les deux je me disais mais pourquoi donc ne les écoute-t-on pas en haut lieu? Pourquoi donc ce vindicatif Netanyahou ou ces prêcheurs toxiques des synagogues et des mosquées sont-ils sourds à ce langage de raison tenu par deux intellectuels de haute volée qui ont laissé leurs œillères au vestiaire.

Leïla Shahid née en 1949, n’est pas une palestinienne lamda. Elle est issue de deux très grandes familles patriciennes de Jérusalem qui se sont illustrées dans la lutte contre la puissance mandataire britannique et contre le sionisme. Sa mère étant une Husseini - je vous ai récemment parler d’eux – elle eut pour grand oncle le grand mufti de Jérusalem, ce farouche combattant de la cause arabe qui, à en croire le premier ministre de l’Etat hébreu, aurait inspiré à Hitler les chambres à gaz !! (Retirer au Führer la responsabilité de l’holocauste pour la refiler à un Palestinien, comme négationnisme on ne fait pas mieux) ! Dans les ascendants de Leïla on trouve aussi les al-Alami qui ont été tour à tour députés au Parlement ottoman et maires de la ville sainte. Elle même fut déléguée de l’Autorité palestinienne en France de 1994 à 2005. Elle est aujourd’hui ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne.

Elie Barnavi, lui, a vu le jour en 1946 à Bucarest. Après avoir combattu durant la seconde guerre mondiale dans l’armée rouge, son père, issu d’une lignée de rabbins russes, adhère au sionisme et en 1961 émigre avec toute sa famille en Israël. L’enfant va aller se former dès l’âge de 14 ans dans un kibboutz. Pendant la guerre des six jours, en 1967, il intègre le corps des parachutistes. Dès la fin des combats, il reprend ses études d’histoire et de sciences politiques à l’Université hébraïque de Jérusalem, puis à l’Université de Tel Aviv et enfin à la Sorbonne. Nommé professeur d’histoire de l’Occident moderne à l’université de Tel Aviv où il a dirigé le Centre d’études internationales, il est également conseiller scientifique auprès du Musée de l’Europe à Bruxelles. Ambassadeur d’Israël à Paris de 2000 à 2002, il est membre du mouvement « La Paix maintenant ».

Impossible de vous résumer la teneur de leurs propos, mais sachez qu’ils étaient convergents et qu’en les écoutant j’étais sur un nuage. De cette hauteur je voyais les colonies illicites qui truffent la Cisjordanie s’éteindre les unes après les autres. Je voyais les réfugiés palestiniens venir s’installer dans les lotissements libérés et surtout je sentais poindre l’idée d’une confédération israélo-palestinienne où les deux communautés vivraient dans une fraternité si longtemps impensable. Vers la fin de l’entretien, Leïla Shahid expliqua pourquoi la mosquée al Aqsa avait valeur de symbole pour les musulmans.

- C’est là, dit-on, que le prophète serait monté au ciel sur son cheval ailé.

- Serait ? La reprit gentiment Barnavi.

- Je suis laïque, précisa la Palestinienne.

Que ce nuage était doux. VIVAAAA

Un nuage de paix au dessus des couteaux…Un nuage de paix au dessus des couteaux…
Un nuage de paix au dessus des couteaux…Un nuage de paix au dessus des couteaux…
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