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Viva España !

Aujourd’hui en Espagne a lieu le grand combat des chefs. Le Premier ministre actuel, Mariano Rajoy, 60 ans, n’est pas très vieux mais son parti, le PP, Parti Populaire ( de droite) qui a déjà porté au pouvoir José Maria Aznar de 1996 à 2004, ne l’est plus beaucoup, « populaire ». Par ailleurs, il traine derrière lui quelques casseroles que son opposant principal, Pedro Sanchez, du parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) s’est plu à faire tintinnabuler durant toute la campagne.

A 43 ans à peine, il est dans la force de l’âge le beau Pedro, mais son parti qui a déjà été aux manettes de 1982 à 1996 avec Felipe Gonzalez et de 2004 à 2011 avec José Luis Zapatero, ne soulève aujourd’hui guère d’enthousiasme dans la jeunesse. C’est que, depuis peu, une nouvelle vague est survenue qui secoue la culture politique de ce pays tant sur le fond que sur la forme. Terminé les cravates et les meetings orchestrés avec des participants encartés et plutôt conformistes. Avec ces jeunes on entre dans une ère de décontraction inconnue jusque là. On débat sur les marchés, dans les bistrots, sans acrimonie simulée, sans fausses colères et sans mots ou allusions qui fâchent, en opposant calmement idées et programmes et en proposant des solutions concrètes pour résorber le chômage qui oscille autour de 20%.

L’un est Albert Rivera, un avocat Catalan, chef du parti centre droit Cuidadanos ( parti citoyen). Il a 36 ans. Sa formation est la préférée des jeunes cadres, sensibles à ses promesses de réformer en profondeur le système d’éducation et de créer un contrat de travail unique, gommant les différences entre contrats définitifs et précaires. Son parti a fait une percée spectaculaire en dénonçant la corruption et les tentations indépendantistes en Catalogne. Ancien conseiller juridique d'une banque, ce Barcelonais se consacre entièrement à la politique depuis huit ans. Orateur télégénique et féru de réseaux sociaux, il a siégé au parlement régional de Catalogne entre 2006 (à 27 ans) et 2015.

L’autre c’est Pablo Iglésias, leader du parti de la gauche radicale Podemos (« nous pouvons »). Lui a 37 ans. Son organisation est issue du mouvement des indignés ayant agité l’Espagne en 2011 et 2012 et dénoncé la nature oligarchique des systèmes politiques. Ce mouvement se proposait de lutter contre l’austérité et la corruption, de faire une révolution citoyenne et de créer une véritable démocratie. Iglésias a proposé de regrouper cette indignation dans une structure politique. Le succès ne s’est pas fait attendre. Dès le 11 mars 2014 aux élections européennes le nouveau parti a dépassé la barre des 10% dans les Asturies, à Madrid, aux Canaries et aux Baléares. Aux municipales de 2015 grâce à son soutien actif, Ada Colau, militante du droit au logement pour tous est élue maire à Barcelone. Idem à Madrid avec Manuela Carmena ex magistrate, militante progressiste, idem encore à Valence, Saragosse, La Corogne, Cadix etc.

Voici une réalité qui fait réfléchir. Comme solution au ras le bol politique actuel, 25% des Français croient au repli sur soi et au patriotisme sectaire et xénophobe du Front National, tandis qu’en Espagne 35% du peuple a le cœur qui bat pour une ouverture démocratique et révolutionnaire. Avec une guerre civile qui a fait plus d’un million de victimes et qui s’en est suivie par 35 années de franquisme, les Espagnols en ont soupé du fascisme et ne sont pas du tout décidés à reprendre de cet indigeste breuvage, mais Il est vrai que chez nous ceux qui prétendent incarner le renouveau révolutionnaire sont de vieux chevaux de retour ou, comme les élus des Verts, des carriéristes avant l’heure. A quand les jeunes pousses ? Vivaaa !

Viva España !Viva España !
Viva España !Viva España !Viva España !

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