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Vive les papillons et les colibris !

Dans son interview sur France-Inter ce matin, le passionnant Pierre Rabhi racontait une anecdote révélatrice sur la mentalité du vulgum pecus. Ayant permis à l’un de ses voisins de venir couper un peu de bois dans sa propriété, il voulut lui faire partager la vision d’un arbre magnifique, dépouillé par l’hiver, qui se détachait dans le soleil couchant. Regarde lui dit-il d’une voix extasiée. L’homme braqua son œil scrutateur dans la direction indiquée et s’exclama :

- Ah oui, il y a au moins 10 stères.

Là ou le premier contemplait un tableau, l’autre voyait 10 mètres cube de bois. Notre jardinier inspiré s’est étonné que les adeptes des religions judéo - islamo - chrétiennes soient si irrespectueux de l’environnement sans en donner la raison, sans doute par respect pour les théistes fidèles à sa cause et également adeptes de l’ « esprit colibri ». Par bonheur, il y en a. Pourtant, c’est certain, il connaît la réponse. Elle apparaît dans le poème qui suit, composé par votre humble serviteur, il y a environ 15 ans.

La Déesse

Les hommes ont inventé dieu

Et l’ont installé dans les cieux.

Mais avant eux, les anciens

De dieu n’avaient pas besoin.

Ils croyaient à la déesse mère

Et celle-ci était la terre.

Ils croyaient à l’éternel ciel bleu

Et à son soleil plein de feu.

Ils redoutaient ses lourds nuages

Et le fracas de ses orages

Puis le regardaient féconder

La terre de ses ondées.

Eau, Terre, Ciel, quoi de plus naturel

Que de vénérer ces dieux immortels ?

Sacrée était la terre blessée par les labours

Qui pardonnait à l’homme d’y avoir recours ;

Sacrée l’eau qui coulait de toutes les rivières.

Sacrées les froides nuits qui absorbaient le jour ;

Et sacré les matins que parait la lumière

Des soleils levants. Sacrés étaient les vents

Qui régénéraient l’air, les ramures princières

Des hêtres au tronc lisse, des chênes centenaires

Et les cônes bleutés des vieux cèdres géants.

Pourquoi a-t-il fallu qu’un faux dieu ose dire

A l’homme que l’on sait fort capable du pire :

« La terre est à toi, prends-la, je te la donne,

Croîs et multiplie-toi, et répands-toi partout »

Alors que sans elle, il n’y aurait personne,

Qu’elle nous a engendrés et qu’on lui doit tout ?

Vous, Messieurs les humains, allez-y de bon cœur,

Bétonnez les forêts, polluez l’atmosphère

Souillez les sources pures, les torrents, les rivières.

Sous vos yeux lentement la déesse se meurt

Et votre fol orgueil à ce point vous enivre

Que vous semblez certains de pouvoir lui survivre.

JB

Bonne journée à toutes et à tous resplendissants lépidoptères qui papillonnez au printemps dans les prairies en fleur…

Vive les papillons et les colibris !Vive les papillons et les colibris !Vive les papillons et les colibris !
Vive les papillons et les colibris !

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