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Retour à Bangkok.

C’est drôle, cette ville que j’ai beaucoup aimée à une époque n’éveille plus chez moi la même attirance. C’est la ville du TROP. Trop de bruit, trop d’immeubles qui surgissent de terre, n’importe où et n’importe comment, sans l’ombre d’une urbanisation réfléchie. Trop de circulation et donc forcément trop de bruit. Trop de touristes aussi. Aux occidentaux déjà trop nombreux sont venus s’ajouter les hordes de néophytes et cauteleux visiteurs de la nouvelle classe moyenne russe, et les multitudes bruyantes de la nouvelle classe moyenne chinoise. Ah, ces parvenus, issus du stalinisme ou de la révolution culturelle, comment peuvent-ils être à ce point attachés aux signes extérieurs de richesse ? De nous, issus de pays capitalistes qui les honoraient, ça peut à la rigueur se comprendre, mais de gens qui ont voué les nantis aux gémonies, craché sur leurs maitres ou leurs professeurs, maudit les parvenus et les privilégiés du système dans leur prime jeunesse, cela surprend toujours. Peut-on à ce point renier les idéaux égalitaires - fussent ils issus des manipulations perverses du Grand Timonier - qui ont marqué sa jeunesse ? Voilà qui est troublant !

Bref, trop, c’est trop et naturellement cela influe sur le comportement des Thaïs qui tous veulent profiter de la manne générée par cet afflux massif de visiteurs. Les prix des hôtels et des restaurants flambent et les sourires sont souvent intéressés. Un trop faible pourboire déclenche une grimace. Bon sang, j’ai déjà la nostalgie de Phnom Penh et de l’hôtel Plantation où nous nous avions posé nos pénates. Pas de tape à l’œil, un charme exotique, une décoration raffinée, un ilot de luxuriance au cœur de la cité à un prix tout à fait convenable. Ici en revanche c’est l’opulence de façade sans le raffinement qui prédomine. Par bonheur, la baie de notre chambre donne sur la « Chao Praya » cette rivière magique sur les rives de laquelle subsistent des vestiges de la vieille Bangkok et qui grouille d’une activité fluviale fascinante à contempler. Je me suis toujours demandé comment de si petits chalands parvenaient à tracter des trains de péniches ou des barges aussi énormes. Je m’extasie sur les élégantes pirogues à bec recourbé qui tracent sur les eaux en laissant derrière elles un sillage d’écume et sur les bateaux bus qui font sans cesse la navette jusqu’au pont Taxim en marquant une halte au célèbre « Oriental » où subsiste discrètement, sous une flore tropicale, derrière le nouveau bâtiment qui n’a rien de très attrayant, le vieil hôtel colonial d’un charme fou. On peut y retrouver les photos sépia des célébrités de jadis et le portait, bien sûr, de Somerset Maugham. Tout n’est donc pas encore perdu. Vivaaa !

Retour à Bangkok.Retour à Bangkok.
Retour à Bangkok.Retour à Bangkok.
Retour à Bangkok.Retour à Bangkok.Retour à Bangkok.

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