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Les vendeurs de vide.

Connaissez-vous le conseiller en communication ? C'est une engeance qui s'est développée à partir du début des années 80. Avant, seuls quelques élus ayant des problèmes d'élocution y avaient recours. Rappelez-vous, nos parlementaires des années 50. Ils avaient, pour la plupart, une faconde de tribun capable de se passer de micro et surtout de ne pas avoir recours à ces parasites qui n'existent, trop souvent, que pour apprendre aux députés, sénateurs, ou ministres à parler pour ne rien dire et à mentir avec aplomb. Ils sont nés à l'avènement de l'Enarchie en politique et on comprend pourquoi. A l'ENA on enseigne avant tout aux futurs hauts fonctionnaires ou représentants du peuple à répondre avec aplomb sur tous les sujets possibles et à créer l'illusion d'être incollables. Oui, mais savoir mentir n'est pas donné à tout le monde, et parler, encore moins. Regardez Hollande, même avec tous les conseils qu'il reçoit au quotidien, il a une élocution hésitante, saccadée, privée de la belle fluidité de nos tribuns du temps jadis.

Même Sarkozy qui a pourtant un bagout de camelot prêt à vendre du sable aux bédouins en leur faisant croire que c’est de la poudre d'or, a recours à ces « combleurs » de vide… Il va même au Qatar exercer ses talents d’illusionniste qui sont grassement rétribués par l’émir.

Aujourd’hui, 25 avril 2016, ces conseillers de l’ombre sont plus que jamais présents et rares sont les parlementaires qui n'ont pas le leur. Naturellement les meilleurs d'entre eux sont au service des plus hauts placés dans la hiérarchie politique. Même Mélenchon s'est vanté en 2013 d'avoir le sien, un soir dans le Grand Journal de Denisot. Il s'est laissé aller jusqu'à faire ses louanges en précisant que c'était un as de la nouvelle école. Voyez-vous, chers amis, quand notre classe politique a besoin à ce point de mentors pour lui expliquer ce qu'elle doit dire et comment le dire, c'est qu'elle n'a en vérité plus rien à dire. Bon dieu, où sont passés les vrais orateurs, ceux qui parlaient avec leurs tripes et leurs cœurs, Les Clémenceau, les Jaurès, les Duclos, les de Gaulle. Et sans citer d'autres grands, je reviens une fois de plus - je vous prie de m’en excuser - sur le brave Vincent Auriol qui disait en roulant ses RRRR hérités de son terroir occitan vouloir fermer les banques. C’était encore la belle époque où on les nationalisait.

Le problème, aujourd’hui, c’est que les rétributions accordées à ces maudits intermédiaires qui dévoient la parole publique, sont imputées directement sur les budgets prévus pour corriger les disfonctionnements du pays. Elles sont parfois si onéreuses qu’il ne reste, in fine, que des miettes aux destinataires de ces subventions. En Poitou-Charentes, Ségolène était spécialiste de la chose. La plupart des ministres font de même car ce qui leur importe avant tout c’est qu’on les voit ( à la télévision) et qu’on les entende. Ils sont à l’image de la grande distribution qui privilégie le contenant plutôt que le contenu, la forme plutôt que le fond. A l’approche de 2017, les bla bla bla insipides et les faux débats ne vont pas tarder à rejaillir avec une force décuplée. Les conseillers en communication se frottent les mains. Après les primaires, il y aura la campagne pour la présidentielle, puis ensuite les législatives. Pour ces mercenaires de la plume, des mots et des images, pas de problème de chômage. A moins d’un changement radical de notre système politique, ils ne manqueront jamais de travail. Voici des vendeurs de vent encore mieux gratifiés que les ouvriers hautement qualifiés du chantier naval de Saint-Nazaire. Comme c’est injuste !

Les vendeurs de vide.Les vendeurs de vide.
Les vendeurs de vide.Les vendeurs de vide.

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