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Méfions nous des mots détournés de leur sens.

Chères et sincères amies, chers et fidèles camarades.

Chaque matin l’actualité me révulse et chaque matin j’ai envie de crier ma colère. Mes fréquentes récriminations, je le constate, aboutissent à des redondances. Aussi, ai-je pris la décision, cette nuit, de ne plus vous indisposer avec mes rabâchages. Celui qui suit sera peut-être le dernier. Sachez qu’à mes yeux, les casseurs qui se prétendent anarchistes et se croient révolutionnaires, ne suscitent pas mon adhésion. Attaquer la police pour déclencher des ripostes qui seront forcément violentes et frapperont plus les manifestants pacifiques que les provocateurs doués dans l’art du « frapper et fuir » me révulse. Ces comportements irresponsables, loin d’affaiblir le pouvoir, le renforcent et, loin de discréditer la police, la rendent populaire. Peut-on approuver ces jeunes, probablement issus de milieux aisés, qui s’acharnent sur une voiture de police, l’incendient et s’en prennent ensuite à ces occupants ? Peut-on comprendre ce garçon casqué qui, avec une barre de fer, agresse un supplétif lequel, au lieu de se servir de son arme, s’efforce avec maitrise d’amortir les coups qui lui sont portés ?

Si en 1789, les émeutiers n’avaient pas bénéficié de l’estime des régiments de cavalerie, d’infanterie et d’artillerie campant sur le Champs-de-Mars - ils refusèrent de marcher contre eux - et du ralliement de cinq compagnies des Gardes Françaises, créées à l’origine pour assurer la protection du roi, la Bastille n’aurait jamais été prise ! Il est utopiste, voire malsain, de croire qu’on peut renverser un système sans l’appui d’éléments chargés de le défendre et qui, adhérant aux idées de ceux qui le contestent, retournent leurs armes contre lui. Plutôt que d’attaquer de front CRS ou gendarmes mobiles, ne serait-il pas plus efficace, comme l’ont fait les révolutionnaires avec les armées du roi, d’ébranler leurs certitudes ? C’est ce qu’essaient de faire les participants de NuitDebout. Ils ont bien du mal à y parvenir, précisément à cause de ces casseurs qui, se mêlant à eux, s’ingénient à transformer les débats d’idées en affrontements violents. Comment ces trublions peuvent-ils croire qu’à eux seuls, et en donnant l’exemple affligeant d’une fureur irréfléchie, ils vont changer le cours des choses ? Je peux comprendre, de la part d’opprimés acculés, une poussée de fureur extrême mais que ces enfants de notre société de consommation usurpent les mots d’un passé que nous, les anciens, avons connus, des mots comme SS ou nazis dont nous savons la signification réelle pour justifier leurs actes, me met hors de moi. En mai 1968 aussi les enfants de bourgeois avaient ces excès de langage. Regardez ce que la plupart d’entre eux sont devenus : des notables, des politiciens, des entrepreneurs, bref, des piliers du système actuel. Je suis en total accord avec Herbert Marcuse l’inspirateur des soubresauts des années 60. Dans « L’homme unidimensionnel » il affirmait que les progrès technologiques et la communication de masse, aux mains des puissances financières, loin de libérer l’homme, annihileraient de plus en plus ses capacités de penser et d’agir. Nonobstant, Je ne crois pas que la violence de groupuscules idéologiquement infantiles nous libérera de cette emprise. La preuve en a déjà été faite. En revanche des initiatives comme les NuitDebout, pourraient à la longue, si elles ne s’étiolaient pas, créer des brèches dans le système.

Voilà, maintenant je vais la fermer ma grande gueule et si de temps en temps je reviens vous voir ce sera parce que la beauté de notre douce terre m’aura inspiré quelques bouts de rimes.

Ken Loach vient d’avoir la palme d’or à Cannes.

Vivaaaa !

Méfions nous des mots détournés de leur sens.Méfions nous des mots détournés de leur sens.Méfions nous des mots détournés de leur sens.
Méfions nous des mots détournés de leur sens.

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