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Mon rêve américain.

Bernie Sanders vient de s’imposer dans l’Oregon. Quel dommage que ce bouillant septuagénaire, sénateur du Vermont, dont la parole parvient à exalter la jeunesse, n’ait pas été connu du grand public avant les primaires, alors que sa rivale Hilary, épouse de l’ex président démocrate, bénéficiait, dès le départ, d’une notoriété écrasante qui rendait la confrontation inégale. Oui, quel dommage ! Au fil de la campagne, cet homme qui, contrairement à sa rivale, s’est contenté de micro-dons de la part des citoyens, refusant le financement des multinationales dont il dénonce la rapacité, est parvenu, avec peu de moyens mais une parole sincère, à drainer vers lui les laissés pour compte de cette Amérique ultra-libérale. Imaginez quel aurait été le résultat s’il avait eu dès le début la même popularité que Madame Clinton ! Celle-ci aurait été battue à plate couture. Etrange le succès de ce candidat parvenu à plaire à des jeunes dont il pourrait être le grand père. Depuis, je me suis intéressé de plus près au Vermont, ancien pays des Iroquois et des Algonquins, frontalier avec le Québec et dont un quart des habitants qui avoue avoir des ancêtres français, continue à pratiquer avec plus ou moins de bonheur et un farouche accent la langue de ses aïeux. D’ailleurs la capitale du Vermont s’appelle Montpellier, c’est dire ! Mais la plus grande ville c’est Burlington, près du lac Champlain (Champlain encore un nom qui nous est familier) et dont Bernie Sanders a été le maire de 1981 à 1989.

Mon rêve américain.Mon rêve américain.Mon rêve américain.

On a découvert que ce tout petit Etat était l’un des plus novateurs de l’Union. Longtemps républicain, il a basculé dans le camp des démocrates lors de l’élection de Bill Clinton et depuis il y est resté. L’élite intellectuelle régionale, écrivains, philosophes, universitaires, attirée par cette contrée verdoyante, paisible, peu peuplée, à la fois proche de New-York et de Montréal, s’y est installée en grand nombre. Un parti progressiste du Vermont, le Vermont Progressive Party, ne craint pas, dans cette Amérique où le maccarthysme a laissé de profondes séquelles, à s’afficher ouvertement comme socialiste et à soutenir les projets de Bernie qui s’est longtemps fait élire sénateur sous l’étiquette d’indépendant, n’acceptant l’investiture démocrate qu’une seule fois en 1994. Durant ses mandats au Congrès, Sanders vota pour l'interdiction du clonage humain, contre la guerre d'Irak que ce soit en 1991 ou en 2003, pour un système de sécurité sociale universelle et pour toutes les lois visant à protéger les travailleurs américains contre les délocalisations ou les conséquences sociales du libre-échange en matière de commerce. Il s'opposa aussi frontalement à la politique économique libérale d’Alan Greenspan, alors président de la Réserve Fédérale des Etats-Unis. Bref ses idées réellement socialistes sont l’antithèse de celles défendues par un Macron chez nous. Je ne parle même pas de Hollande ou de Valls dont je ne parviens même plus à discerner la ligne politique. C’est pourquoi depuis le début de la campagne électorale américaine mon regard est resté braqué sur le Vermont et sur son passionnant sénateur qui a déjà appliqué dans son petit territoire la plupart des réformes qu’il propose pour le pays tout entier. Il va être battu, hélas ! Mais bon sang, c’est fou ce qu’il m’a exalté et fait aimer une certaine Amérique, celle qui, la première, dans sa déclaration d’indépendance, sous la plume de Thomas Jefferson, a décrété que tous les hommes étaient créés égaux et doués de droits inaliénables : la vie, la liberté et la recherche du bonheur. L’Egalité et la Fraternité seront inventés quelques années plus tard par la Révolution française mais hélas, ce n’étaient que des mots. Vivaaaa !

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Mon rêve américain.

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