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Le miroir aux alouettes

Je ne suis pas du tous déçu par le match d’hier. Les Portugais ont été les meilleurs et il ne me déplait pas que ce petit pays puisse pour un temps s’enorgueillir d’avoir la première équipe d’Europe. Il ne faut cependant pas oublier que le foot, dans ces jeux du cirque modernes que sont les compétitions sportives, est le miroir aux alouettes le plus trompeur. Source de joies ou de déceptions collectives éphémères et futiles, il fait tout oublier : les fins de mois difficiles, les dettes impayées, les chagrins et même les deuils. Une fois les réjouissances terminées, la réalité, un instant reléguée des mémoires, refait surface et sardonique dit à ceux qui croyaient l’avoir fuie : « Vous pensiez pouvoir m’échapper, eh bien non pauvres idiots. C’est toujours moi qui tient la barre ». Oui les surlendemains d’allégresse sont toujours les plus durs. Pour les Français pas de problème, ils y ont cru, ils n’y croient plus et déjà sont tombés des nues. Pauvre équipe de France. C’est la faute à pas de chance. Les colères vont se retourner sur le porte-poisse présidentiel qui n’y est strictement pour rien mais qui, néanmoins, incarne par sa fonction suprême la France qui perd. Puisse la Walkyrie du FN, aussi trompeuse que la vache qui rit, ne pas tirer profit de cette désillusion footballistique. Puisse l’histrion Sarkozy ne pas plastronner en s’écriant : « si j’avais été président on aurait gagné ». Puisse Juppé ne pas imputer cet échec au manque de fermeté élyséen. Puisse Fillon ne pas verser une larme démagogique et promettre qu’avec lui viendra le temps des victoires. En un mot puissent les politiciens fermer leurs grandes gueules et cesser de promettre à leurs électeurs des lendemains qui chantent.

Hier nous avons quitté l’île de Paros. Nous voici de retour à Athènes. A chaque fois que je revois l’Acropole surplombant la vieille ville mon imagination se débride. Oubliant voitures, cohues, et pollution, je pietonne près du théâtre antique parmi nos chers anciens, salue par la pensée Péricles, Socrate, Platon, Sophocle, Eschyle et même Diogène à la longue barbe qui avec sa lanterne continue de chercher un homme… Vivaaa !

Le miroir aux alouettes
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