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 Les héros anonymes ne font pas rêver...

A propos de l’émission sur Churchill présenté dans « Secret d’histoire » par Stéphane Bern, Alex en a signalé à juste titre son aspect univoque et hagiographique. Il nous fit remarquer sur Facebook qu’aucune allusion n’avait été faite à l’Union Soviétique qui a plus que contribué à la victoire des alliés. Comment peut-on affirmer, je cite Alex : « qu’après la défaite française, en juin 40 la Grande-Bretagne est demeurée seule à faire la guerre à l’Allemagne durant DEUX ANS…Donc, jusqu’à l’entrée des Etats-Unis dans le conflit, le 8 décembre1942…Exit, l’agression nazie du 22 juin 1941 contre l’URSS, pas un mot sur la guerre à l’Est, la défense héroïque de Moscou et de Leningrad, les victoires décisives – quant à l’issue du conflit - de Stalingrad, de Koursk et de Berlin, tous ces faits historiques passés à la trappe, totalement ignorées! ».

Indignation totalement justifiée. En effet, l’Angleterre n’était pas seule et en dehors de L’Union Soviétique, il y avait aussi les résistances grecques et yougoslaves qui donnaient beaucoup de fils à retordre aux occupants Nazis. De surcroit, quand les Etats-Unis à leur tour entrèrent en guerre, Roosevelt qui détestait de Gaulle et qui, après la victoire, voulait imposer à la France un statut d’occupation sous prétexte que sous le régime de Vichy, elle avait collaboré avec l’ennemi, Churchill s’est mis à jouer double jeu. Le Grand Charles ulcéré lui en fit la remarque. Le vieux lion rétorqua d’un ton sec : « Sachez-le, général ! Chaque fois qu'il nous faudra choisir entre l'Europe et le grand large, nous serons toujours pour le grand large » Après l’entourloupe en Afrique du Nord de novembre 1942 où les Anglo-Américains débarquèrent sans que de Gaulle en fut informé et choisirent à Alger le général Giraud, pourtant toujours fidèle à Pétain, comme interlocuteur, l’homme du 18 juin entra dans une fureur extrême et menaça Churchill de transférer la France libre à Moscou. Là, le descendant des Marlborough comprit qu’il n’avait pas intérêt à trop faire de coup fourré et tempéra un peu sa duplicité.

Nonobstant, il y a pire et l’émission « Secret d’histoire » ne fit pas l’ombre d’une allusion à cette partie très sombre du Premier ministre britannique concernant la Grèce. Churchill qui avait accueillit au Caire et à Londres, les fuyards de l’armée royaliste du dictateur Metaxás décédé en 1941, les préparait militairement à une reconquête, une fois les Nazis chassés du territoire grec. Or pendant que cette troupe et un gouvernement grec en exil vivaient confortablement au frais de sa gracieuse majesté dans des camps d’entrainement d’Egypte où en Grande Bretagne, voire aux Etats-Unis, sur le terrain une résistance s’organisait autour des communistes et de tous les progressistes du pays avec la bénédiction des popes orthodoxes. Ces maquisards, les andartès, commandé par de vaillants Kapétanios, défirent les italiens et menèrent la vie dure aux Allemands. Pour atteindre Athènes et l’occuper Hitler dut retarder l'opération Barbarossa et, alors qu’il espérait éviter à ses troupes l’impitoyable hiver russe ayant été funeste à la grande armée de Napoléon, il en sera pour ses frais. Merci les Grecs ! Ils se battaient si bien que même le Führer, d’après le journal de Goebbels, admirait leur bravoure, tout en faisant incendier leurs villages et massacrer leurs habitants.

En 1944, les Andartès étaient en passe de se libérer seuls quand Churchill fit débarquer au Pirée le corps expéditionnaire gréco-britannique du général Ronald Scobie pour réinstaller un gouvernement monarchique à Athènes avec Gheorgios Papandréou (le père du fils) comme Premier ministre. S'en suivit une épouvantable tuerie où les forces grecques pro-occidentales appuyées par les troupes anglaises menèrent une chasse impitoyable contre les vaillants andartès. Lâchés par Staline puis par Tito, (Yalta) ces maquisards résistèrent pendant presque 4 ans. Quand en 1949, les derniers Kapétanios, voyant autour d'eux leurs hommes se faire massacrer faute d'armement suffisant pour continuer le combat, se rendirent, La Grèce était exsangue. 8% de sa population était tombé sous les balles des Nazis puis des britanniques. A elle seule la guerre civile avait fait presque 200 mille morts. Le pays comptait 1 million et demi de sans abris, la majeure partie de sa flotte marchande était détruite et toute ses infrastructures réduites à néant. Merci Monsieur Churchill. Evkaristo Poli. Et merci aussi monsieur Staline...

Il y a plusieurs façons de raconter l’histoire. Les hagiographes ont besoin d’idéaliser les personnages qu’ils ont choisi de décrire pour faire rêver ceux qui les écoutent ou qui les lisent. Or dans tous les grands hommes il y a des zones d’ombre. Churchill en avait à revendre. Les vrais héros sans peur et sans reproche sont très rares. Pourtant, à cette époque, on en trouvait à la pelle dans les maquis grecs. Hélas, les anonymes ne font pas rêver !

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 Les héros anonymes ne font pas rêver... Les héros anonymes ne font pas rêver...
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