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Vive les vacances !

C’est fou les idées qui me viennent à l’esprit en ce moment. L’autre jour en quittant La Bastide d’Anjou, j’ai été pris dans un embouteillage monstrueux entre Carcassonne et Narbonne où l’on a progressé plusieurs heures durant à une vitesse d’escargot. En général je ne me déplace pas en voiture. Là, je l’avais fait exceptionnellement pour pouvoir m’attarder chez ma sœur et ne pas être tributaire des transports en commun, le train ne s’arrêtant qu’à Villefranche de Lauragais ou Castelnaudary.

Je me disais en conduisant que nous balancions des tonnes de CO2 dans l’air et que moi avec ma petite Trévis je participais à cette action contre nature qui ne semblait pas préoccuper, outre mesure, les dizaines de milliers d’automobilistes composant le grand serpent pollueur. Les barrières de péage ne contribuent guère à fluidifier la circulation. On s’y accumule dans l’attente de pouvoir enfin parvenir à glisser sa carte Visa dans une fente de la borne qui goulûment l’aspire pour prélever son dû prohibitif. Naturellement il y a toujours les petits malins qui ne voulant pas faire la queue essaient, par le côté, d’arriver plus vite et les autres, dont je suis, qui se serrent pour ne pas les laisser passer. Normal, non ! Une femme d’une quarantaine d’années au visage plutôt charmant, sortit la tête de sa fenêtre et me lança d’un ton sec :

- Dis-donc toi, le vieux, tu ne peux pas t’écarter.

Ayant au moins l’âge d’être son père je lui rétorquai qu’elle n’avait pas à me tutoyer et qu’elle devait faire la queue comme tout le monde sans chercher à tricher.

Le mari somnolent qui était à côté d’elle à ce moment là tourna la tête dans ma direction et hurla furibard :

- Si t’es pas content amène-toi sale connard et on va s’expliquer !

Etant donc assimilé à un con, de ma main, je lui fis signe de venir lui même. Il me répondit alors par une série de grimaces obscènes qui provoquèrent l’hilarité des deux mignonnes petites filles assises sur le siège arrière. Un vrai singe !

Nous ne les avons pas laissé passer et ils ont dû, quelques voitures plus loin, s’insinuer en force dans la file d’attente. Ils n’avaient pourtant rien de loubards, possédaient une grosse bagnole et étaient bien propres sur eux.

Je crois que le transport individuel a largement contribué à nous désocialiser et à nous ôter toute urbanité. Je me mets dans le lot. Nous suivons tous la même direction mais dans nos habitacles nous sommes isolés des autres qui nous doublent, nous frôlent, nous klaxonnent comme autant d’envahisseurs pressés nous empêchant de rouler peinards et nous mettant sous tension en permanence. Les pires sont bien sûr les camions, des monstres qui vous collent au derrière pour vous sommer d’aller plus vite ou vous obliger à vous écarter de leur trajectoire. C’est ça aujourd’hui la route des vacances. Quant aux plages, ce n’est pas mieux. Nous qui fréquentons Antibes durant les quatre saisons, nous détestons les mois de juillet et d’aout où les gens qui se sont embouteillés sur les autoroutes viennent s’ensardiner sur les plages. Pardonnez le néologisme. Vous l’avez tous compris, s’ensardiner c’est se retrouver serrés comme dans une boite à sardines. Hier, il était pourtant 18 heures 30, nous avons vainement cherché un coin pour poser notre serviette afin d’aller faire quelques brasses, au large, les bords étant saturés de monde. Peine perdue. J’y suis donc retourné ce matin, aux aurores et j’ai eu une mer bleue et lessivée par les vagues de la nuit pour moi seul avec les éclats de rire des mouettes en prime.

Pas de doute, nous sommes trop, beaucoup trop pour ne pas polluer l’air, les sols, la mer ; beaucoup trop pour ne pas être plus ou moins psychologiquement déréglés par cette surpopulation exponentielle qui sature la biosphère. Et quand on est trop, inconsciemment, on cherche à faire le vide autour de soi, d’où, sans doute, ces montées de fanatisme, ces massacres inconcevables, ces égorgeurs haineux et ces tueurs fous qui tirent sur les foules. Les nations et certaines religions issues des autres siècles cultivent le chauvinisme, le dogmatisme, l’instinct de domination, la volonté de puissance. Souvent je rêve à une gestion mondiale de l’humanité confiée non pas à des politiques, des financiers ou des religieux, mais à de vrais sages, s’il en existe encore, pour nous éviter de sombrer dans les pires dérives. Nonobstant, qui aura, un jour, la volonté d’abattre les accapareurs qui se servent de nos faiblesses et de nos atavismes pour se bâtir des îlots de paix loin du bruit et de la fureur ? Ces cohues mécaniques et humaines me font déraisonner. Rentre dans le troupeau Berto. Tu n’es pas mieux que les autres. Triste constat, j’en conviens ! Viva quand même !

Vive les vacances !Vive les vacances !Vive les vacances !

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