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A propos de l’Aïd el Kebir.

Le 12 septembre les musulmans ont commencé à fêter l’Aïd el-Kebir ou Aïd el Adha ( fête du sacrifice). Ce jour sacré célèbre un épisode à la fois relaté dans la bible et dans le coran. Selon le texte musulman dieu demanda à Abraham, Ibrahim, le plus ancien prophète référencé, de sacrifier son fils Ismaël pour éprouver sa foi. Entre nous, je ne trouve pas du tout sympa que le tout puissant, prétendu aimable et miséricordieux, demande à son premier grand fidèle de commettre un tel parricide, uniquement pour évaluer la sincérité de l’adoration qu’il éprouve à son égard. C’est même proprement monstrueux. Pourtant, Abraham confit de dévotion s’appétait à obéir à cette injonction divine quand l’archange Gabriel arrêta son geste in extrémis, écarta l’enfant de la lame et lui substitua un bélier. Cet événement est depuis l’aube de l’Islam commémoré par les fidèles à la date fixée en fonction du calendrier de l’hégire qui ne comporte que 354 ou 355 jours. Si j’étais un mouton, je me ferais du mouron. Maintenant, imaginons, oui imaginons que Gabriel ne soit pas arrivé à temps, qu’il ait été retenu par un empêchement quelconque, un orage cosmique, une pluie de météores que sais-je encore ? Abraham, aurait-il sans l’ombre d’une hésitation, tué Ismaël ? Si oui, que se serait-il passé ensuite ? Les musulmans, bien plus tard, en célébrant cette fête du sacrifice, auraient-ils, eux aussi, pour prouver l’inflexibilité de leur foi, dû tuer chaque année un de leur fils ? Dans ce cas, ne pouvant plus, à la longue, assurer de descendance, cette religion se serait forcément éteinte d’elle même. Une chance donc que l’archange n’ait pas eu de retard. Cette histoire offre matière à réflexion. Elle nous prouve que les adorations aveugles sont toujours périlleuses et peuvent conduire les hommes à commettre les crimes les plus monstrueux sans susciter en eux l’ombre d’un remords. Mais peut être que ce passage du Coran n’est qu’une parabole et que l’ange Gabriel est en réalité la conscience d’Abraham, une conscience que l’amour paternel fait s’éveiller en lui et qui l’empêche de commettre ce crime rituel abject. Peut-être que lui même au moment d’accomplir l’acte fatal s’est écrié : « Non, ma soumission à ta toute puissance, seigneur, n’ira pas jusqu’à l’assassinat d’Ismaël, la lumière de mes yeux, mais pour te prouver la sincérité de ma foi, je vais t’offrir le meilleur bélier de mon troupeau ».

Là, il y a une autre leçon, autrement plus édifiante, à tirer de cet événement très lointain, à savoir qu’aucune adoration fût-elle des plus impérieuses, ne mérite le sacrifice d’une vie humaine, et a fortiori celle de son propre enfant. Personnellement, c’est comme cela que j’aimerais me voir raconter l’origine de l’Aïd et Kebir. Hélas il y a dans l’islam une tradition très ancrée chez les fidèles qui fait obstacle à ce genre d’explication. « Ce qui est écrit est écrit et on ne discute pas les paroles du prophète ». Je sais qu’à l’université coranique al-Azhar, au Caire, des oulémas, sous la houlette du grand théologien Ahmed Mohamed el-Tayeb, (titulaire d’un doctorat de la Sorbonne sur la pensée islamique) sont en train de travailler sur une lecture adaptée à notre époque des textes coraniques. Ils se sont opposés à Mohammed Morsi et dénoncent l’idéologie sectaire des frères musulmans. Le problème, c’est que leurs travaux ne sont pas ou très peu connus. La principale raison à cela est que n’importe qui dans la religion musulmane, si tant est qu’il soit capable d’ânonner le Coran par cœur, peut s’autoproclamer imam et prendre des sourates datant du sixième siècle à la lettre. Oh oui, que viennent le temps des belles paraboles, des prédicateurs diplômés d’écoles coraniques dignes de ce nom et que les interprétations ex abrupto du Kitab, du livre, cessent d’ensanglanter le monde. Vivaaaa !

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