Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La grande Hécatombe.

La grande hécatombe

Ils avaient eu une enfance joyeuse

A l’abri des fureurs inhumaines

Dans l’ambiance réputée studieuse

Du lycée Descartes de Phnom Penh.

Jamais ils n’auraient cru alors

Que ce bonheur un jour se muerait

En un pandémonium truffé de miradors

Et que presque tous en mourraient.

On enseignait la philosophie des lumières

La littérature, les maths et la poésie

A ces enfants khmers de la bourgeoisie

Pour en faire plus tard de judicieux leaders.

Sous les sourires d’un prince, expert en mimodrames,

Qui rêvait d’égaler le grand Jayavarnam

Se cachait un monarque parfois un peu sévère

Qui, de tous ses sujets, se déclarait le père.

Mais du vingtième siècle reculer au douzième

Etait une gageure qui allait coûter cher.

Des élites humiliées par ce paternalisme

Trouvèrent un idéal dans le communisme.

Ce dogme dévoyé par Staline et Mao

Allait les entrainer dans des imbroglios,

Les pervertir au point que, sous leur égide,

Serait perpétré un effarant génocide.

Pour leurs noirs militants, vengeurs et irascibles,

Brandissant des armes, des slogans, des pancartes,

Tous les ex condisciples du vieux lycée Descartes,

Trop lucides, allaient être leur première cible.

Aujourd’hui survivants d’un monde disparu

Les rares rescapés ont des visages tristes.

Ils errent en silence dans les avenues

Saturées de voitures, de motos, de cyclistes.

Ce Phnom Penh là n’est pas celui qu’ils ont connu.

Cette ville paisible qui aujourd’hui n’est plus,

Mais qui occupe encore chaque jour leurs pensées,

Hantées par tous les morts de ce crime insensé.

La grande Hécatombe.La grande Hécatombe.La grande Hécatombe.
La grande Hécatombe.La grande Hécatombe.
La grande Hécatombe.La grande Hécatombe.
La grande Hécatombe.La grande Hécatombe.

Partager cet article

Repost 0