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Les compagnons du Sarto.

Hier, pour faire plaisir à François Guerraz, président et ami du salon du livre de Brison St Innocent, j’ai fait une conférence qui s’insérait dans le cadre des activités culturelles des « Compagnons du Sarto ». Le Sarto, en patois savoyard c’est le cellier. Il faut donc, pour faire partie de cette confrérie aimer le vin et le célébrer. Cela correspond au Chevaliers des tastes vin de Bourgogne. Or donc, quand je me suis rendu dans la salle où devait avoir lieu ma causerie, un ancien cinéma de Chambéry appelé naguère le régent, j’ai été accueilli par une dizaine d’octogénaires en grand uniforme bigarré et coiffés d’une haute toque de couleurs vives qui les faisaient paraître plus grands qu’ils n’étaient. Surpris par cette apparition inattendue, j’ai reculé d’un pas en susurrant à l’oreille de mon ami Jean : « sont-ce des survivants de la vieille garde impériale ? ». Bon, ils étaient très gentils et de toute évidence ravis de m’accueillir mais j’avais du mal à me retenir de rire devant leurs lourdes tenues, appesanties par des brocarts qui rendaient leur démarche difficile. Loin de moi l’idée de vouloir les brocarder mais tout de même, tant de chamarrures pour aller boire de bons coups dans les vignobles savoyards me paraissait bien pompeux. Il y avait une centaine de personnes dispersées dans les fauteuils et, parmi elles, de vieilles et vieux amis d’enfance que j’avais plaisir à revoir. Sans m’attendre à une ruée j’espérais être en présence d’un public plus dense mais comme on le dit pour le vin : mieux vaut un seul verre d’un grand cru que dix d’une insipide piquette. C’était un public de qualité, qui après la diffusion de la « Fièvre verte », le premier sujet de mon émission « 52 sur la une », sur les émeraudes de Colombie, datant de 1987, époque ou j’étais dans la fleur de l’âge et presque beau, me posa d’excellentes questions et me gratifia à la fin de la séance d’une chaleureuse ovation. La soirée s’acheva dans la cantine d’un collège de la ville avec des diots-polente (saucisses locales et polenta) et des bouteilles de vin blanc d’Apremont et de Mondeuse rouge, qui réchauffèrent un peu les esprits et les cœurs. Cette soirée fit démentir le proverbe : nul n’est prophète dans son pays. On m’écoutait et ça m’a fait du bien.

Les compagnons du Sarto.Les compagnons du Sarto.

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