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Une unité d’artilleurs de l’armée française a été envoyée en Irak afin de participer à la prise de Mossoul. L’armée irakienne reconstituée est, elle, encadrée par des milliers de conseillers yankees et les peshmergas du Kurdistan d’Irak par quelques centaines d’hommes, issus des forces spéciales US et par quelques dizaines issus de nos forces spéciales à nous. Tous les commentateurs parlent de cette offensive imminente mais aucun n’explique les raisons profondes de ce puissant déploiement de force. J’ai attendu, guetté le mot pétrole dans leur bouche et il n’est pas ou rarement venu ce qui pourrait laisser accroire aux auditeurs et téléspectateurs que celui-ci n’est pour rien dans cette volonté farouche des Etats-Unis de lancer cette offensive sur la deuxième ville d’Irak et que seul le désir de libérer ses habitants de l’emprise de Daech les motive. Il ne faut tout de même pas prendre les gens pour des imbéciles. Quand cette organisation terroriste est entrée en scène, ses marionnettistes pensaient qu’elle leur obéirait au doigt et à l’œil et n’avaient pas prévu qu’elle couperait ses liens pour voler de ses propres ailes. La CIA dotée pourtant d’une amère expérience de ce genre avec Al Qaïda en Afghanistan, expérience qui avait fini par coûter très cher aux habitants de New-York (World trade center), s’est empressée de réitérer la même erreur au Moyen Orient. Mais il est bien connu que les insuccès des anciens servent rarement de leçon à ceux qui les remplacent, convaincus qu’ils sont, presque toujours, d’être bien meilleurs que leur prédécesseurs. Et bang ! Mossad, CIA, services secrets saoudiens et turcs, géniteurs de ce monstre qui devait œuvrer pour eux dans la région, l’ont laissé s’échapper. Ayant fait main basse sur les puits de pétrole du nord du pays, le Golem islamique s’est mis à son compte. Grace à l’or noir, il pouvait recruter et payer grassement ses combattants ou mercenaires et même concevoir un début d’administration. Avec de tels pères comment eût-il pu ne pas être aussi retors qu’eux ? Néanmoins, en même temps qu’il triomphait au balcon de la grande mosquée de Mossoul et se proclamait calife, al-Baghdadi signait son arrêt de mort. Cet ancien laquais, ce stipendié avait eu l’audace de leur faucher une de leurs cagnottes. Ça allait prendre du temps, mais ils auraient sa peau. Il fallut reconstruire une armée irakienne, stupidement détruite pas les Américains lors de l’invasion du pays, promettre monts et merveilles au Kurdes tant de fois trahis pour les motiver et transformer les vaillants peshmergas en une armée moderne, occidentalisée. Ne voulant pas être en reste, Ankara, avec l’accord de Langley, (siege de la CIA) mit sur pied une division de refugiés irakiens sunnites, sans doute transfuges de Daech, et en maître d’œuvre, Washington s’est empressé de fournir toute la logistique nécessaire à cette « reconquista » avec le petit support de Paris si soucieux de ne pas être hors jeu.

Le moins qu’on puisse dire est que cette coalition est loin d’être homogène et une fois le monstre vaincu, il faut s’attendre à des forfaitures et des grincements de dents. Je crains fort que les Kurdes, qui ne sont pour rien dans cette déstabilisation de la région et qui, les premiers, ont infligé des défaites sévères aux Islamistes, sous le regard sournois d’Erdogan, soient une fois de plus les dindons de la farce.

Mossoul est située en plein Kurdistan. Bâtie sur les ruines de Ninive, la capitale antique de l’Assyrie, elle comptait avant les événements un très grand nombre de chrétiens descendants directs de ces fameux Assyriens, une majorité de Kurdes et presque autant d’Arabes. Depuis toujours, les Kurdes lorgnent sur la ville comme les Français lorgnaient sur l’Alsace-lorraine quand l’Allemagne, après la guerre de 1870, la leur avait arrachée. Ils n’en parlent jamais, ils y pensent toujours. Or ce peuple, exclu des grands traités des années vingt, n’a jamais été aussi près d’obtenir une reconnaissance territoriale internationale en Irak. C’est pourquoi Erdogan qui redoute les réactions des Kurdes de Turquie a envoyé sur le terrain son contingent bidon de sunnites afin de semer la confusion. Quant à l’armée irakienne, elle ne vient pas ici pour encourager une partition mais bien pour récupérer la deuxième ville du pays. Daech, n’est-ce pas une sorte d’’hydre de Lernes ? On va le décapiter certes, mais plusieurs têtes nouvelles risquent fort de le remplacer. Personnellement, je pense que nos troupes n’avaient rien à faire dans ce bourbier et qu’au lieu jouer aux gendarmes sur l’autre rive de la Méditerranée, nos gouvernants feraient mieux d’essayer de reconquérir par le cœur de préférence ou avec fermeté si besoin, les nombreux lieux de non-droit qui fleurissent en France et qui mettent gravement en péril la cohésion nationale.     

       

Mossoul : l'offensive parricide
Mossoul : l'offensive parricide
Mossoul : l'offensive parricide
Mossoul : l'offensive parricide
Mossoul : l'offensive parricide
Mossoul : l'offensive parricide
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Mossoul : l'offensive parricide
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