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Voici le poème que m'ont inspiré les polémiques et les tensions de notre élection présidentielle. Sans le recul de l'histoire on ne peut être qu'un partisan à œillères. La France est la pointe avancée de l'Europe sur l'Atlantique, la fameuse mer dernière que les Mongols gengiskhanides rêvaient d'atteindre. Elle a connu de tout temps "les déferlements des conquêtes, les fleuves des religions" pour reprendre une expression chère à Kessel. Elle même, sous Napoléon, est allée porter le fer jusqu'à Moscou et sans jamais avoir été militairement vaincue par les Russes, a subi à la Bérézina sa plus cruelle défaite infligée par l'hiver. En tant qu'héritière des Grecs de l'antiquité, elle a fait rayonner sur le monde son siècle des lumières et la révolution qui en a découlé a gravé dans l'esprit universel ses trois mots emblématiques : Liberté, Egalité, Fraternité qui pousseront tant de peuples opprimés à combattre les tyrannies, y compris celles que notre pays a infligées dans certaines de ses colonies. Le nationalisme xénophobe est antinomique avec notre histoire. La majorité des Français le sait. Mais une minorité importante, souvent issue des milieux populaires s'est laissée séduire par les sirènes captieuses du FN. C'est un avertissement. Il est du devoir du nouveau président d'en tenir compte et d'agir pour que régressent les sectarismes qui se nourrissent de désespérance.

 

Envahisseurs, migrants et déclassés

 

Mon pays a des parfums d’Attique ou de Sicile,
De Toscane, d’Ombrie et d’Afrique du nord,
Que l’on trouve à Paris ou dans les rues de Lille
De Marseille, de Bordeaux, de Toulouse ou de Niort.

 

Mon pays fut formé par tant et tant de hordes.
Depuis l’aube des temps il fut colonisé,
Engendra des Gaulois connus pour leurs discordes
Que les Romains vont vaincre et latiniser.

 

Puis surgirent de l’Est des tribus germaniques :
Vandales, Wisigoths, Burgondes ou Francs saliens.
Certains, devant les Huns, aux champs catalauniques,
Soutiendront Aetius le patrice romain.

 

Viendra alors Clovis, ambitieux roi des Francs.
Sa lignée se croyant en pays de Cocagne
Enfanta des monarques appelés rois fainéants 
Qui furent balayés par le grand Charlemagne.

 

Son grand père Charles Martel intrépide guerrier,
- Qui avait vaincu les Arabes à Poitiers
Où leur émir connut une chevaleresque fin - 
 Avait, à son héritier, ouvert le chemin.

 

Charlemagne, féru de grandes cavalcades, 
Franchit avec ses troupes les cols des Pyrénées 
 Dans le but d’inquiéter ces fameux Omeyyades
Qui, ayant traversé la Méditerranée,

 

Afin de rester maître en terre ibérique,
Menait contre Bagdad un combat fratricide. 

 Pour les neutraliser l’empereur, pragmatique, 
 S’allia avec le calife Haroun al Rachid.

 

Pendant que les Omeyyades et les Abbassides
Se trucidaient entre eux à coup de cimeterre,
Notre premier grand Charles, spectateur impavide,
Pouvait compter les points du haut de sa frontière.

 

Un peu avant l’an mille des vikings très hardis
Sur les rives du Cotentin se sont regroupés.
Un chef de ces guerriers, Guillaume Longue Epée
Deviendra le tout premier duc de Normandie.

 

Les Arabes, quant à eux, connaîtront un déclin 
Et perdront peu à peu leurs terres en Europe.
Les croisades suivies de meutes interlopes 
 Se rueront en revanche à l’assaut des lieux saints.

 

Puis nos armées plus tard créeront des colonies
Chez ceux, qui jadis s’étaient emparés de l’Espagne.
Comme les Espagnols, ils mèneront campagne
Pour les chasser de leurs pays. Ô ironie !

 

L’histoire n’en manque pas. Mais pour les migrations
Il en va autrement que pour les invasions.
Personne ne peut se dire français de race pure
Car la France a été un pays de boutures

 

Où tant d’êtres en souffrance ont pu prendre racine.
Ils arrivent toujours chassés par la famine
Ou par des tyrannies qu’on ne peut qu’agonir
Et veulent pour leurs enfants bâtir un avenir.

 

Combien de nos aïeux si durs à la besogne
Sont venus d’Italie, d’Espagne, de Pologne
Du Portugal, s’échiner dans de durs métiers 
Qu’on confie aujourd’hui aux nouveaux réfugiés.

 

Du grand père italien, je parle avec amour.
Ce vaillant piémontais est mort à cinquante ans 
De silicose, pour avoir 30 années durant
Eté fumiste à Marseille, où j’ai vu le jour.

 

Le fumiste à l’époque n’était pas un farceur
Il bourrait de charbon les chaudières à vapeur.
Par des courroies celles-ci activaient les machines
Qui se multipliaient dans toutes les usines.

 

Aujourd’hui les robots font les sales boulots.
Mais loin de se soucier des travailleurs de force
Les grandes industries, comme d’une vieille écorce,
S’en défont et les jettent dans le caniveau.

 

Il faut tendre l’oreille à tous ces façonniers 
Que le progrès ne cesse de disqualifier,
Sans l’adhésion de cette coléreuse piétaille
Les plus belles victoires seront des feux de paille.

JB

 

Envahisseurs, migrants et déclassés…Envahisseurs, migrants et déclassés…Envahisseurs, migrants et déclassés…
Envahisseurs, migrants et déclassés…

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