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Une pensée pour les Kurdes

 

 

Quel beau geste que celui de la ministre de la Culture de venir accueillir Loup Bureau, libéré des geôles d’Erdogan où il avait été jeté pour avoir fait un reportage sur les Kurdes, mais il me semble qu’il eût été plus logique que ce rôle incombât à Jean-Yves Le Drian, notre ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères, directement à l’origine de la libération du photoreporter. En vérité, notre élu breton est très discret et n’aime pas s’afficher pour un oui pour un non. Cet habile démarcheur d’hélicos de combat, de rafales et de toutes sortes d’armes de guerre produites en France ne tient pas à se mettre à dos la Turquie, un client potentiel.

Est-ce qu’à la faveur de cette libération, les médias vont se pencher avec plus d’attention sur le sort peu enviable des populations kurdes de Turquie ? Il serait aisé de déduire qu’il doit être exécrable, quand on voit qu’un jeune journaliste français, vient de subir plus de 50 jours d’incarcération pour avoir simplement détenu sur son ordinateur les photos de miliciens kurdes syriens, considérés comme terroriste par Ankara,

Ils sont plus de 15 millions en Turquie, 7 millions en Iran, 2 millions en Syrie, et 5 millions en Irak - sans compter l’importante diaspora d’Europe et d’Amérique - toujours profondément attachés à leur culture. Aujourd’hui ce sont eux qui, au Moyen Orient, infligent les plus grands revers à Daech, eux qui sont en première ligne, avec souvent de formidables héroïnes à la tête des unités de combats. En Iran, à l’avènement de la république islamique en 1981, après un grand et glorieux sursaut sous l’égide du parti démocratique du Kurdistan, dirigé par feu mon ami le docteur Abdul Rahman, Ghassemlou, - les leaders ayant été assassinés lors de visites en Europe par les tueurs à gage de Téhéran - les combattants retournèrent dans la clandestinité pour épargner aux populations civiles des répressions aveugles et cruelles. En Turquie c’est le PKK, parti communiste du Kurdistan, hélas un peu trop stalinien, le mieux organisé militairement, qui s’oppose aux troupes turques mais il existe aussi une opposition plus libérale qui aujourd’hui est totalement muselée par le tyran Erdogan.

J’ai réalisé mon premier reportage sur les Kurdes en 1964. A partir de cette date je me suis attaché à ce grand peuple sacrifié par les traités qui ont procédé au démembrement de l’Empire Ottoman, à la fin de la première guerre mondiale. Il me revient en mémoire cette phrase que Gassemlou me sortait dans les années 70, quand il était réfugié en France et que, personnellement accaparé par d’autres conflits, je n’avais pas trouvé le temps de me rendre clandestinement dans les montagnes du Kurdistan pour filmer les combats des peshmergas et la résistance inaltérable de ce peuple.

- Jean me disait-il sur un ton de reproche, qu’as-tu fait cette année pour les Kurdes ?

Et dès le lendemain, j’allais voir l’excellent directeur de l’information de TF1 d’alors, le regretté Henri Marque qui vient de décéder, et m’efforçais de le convaincre, ce qui n’était pas trop difficile, de l’utilité d’un tel reportage.

Il est inouï de constater, aujourd’hui encore, alors que l’île de Malte avec ses 350 mille habitants est considérée comme un Etat Indépendant, qu’une nation de plus de 30 millions d’âmes, riche de sa propre langue, et d’une histoire qui remonte à l’antiquité n’ait toujours pas le droit d’avoir son pays.

Que j’aimerais voir des milliers de Loup Bureau déferler au Kurdistan pour dénoncer l’une des plus grandes injustices humaines. Il en ferait une tête le Grand-petit turc !

 

Vivaaa !   

    

 

          

 

 

 

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