Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bonjour à toutes et à tous. Un proche ami, Ariégeois et confrère, m'a envoyé une remarquable tirade (du verbe tirer) intitulé Les gasconnades de Don Juan, un concentré de paillardises inspirées sorti d'un talentueux cerveau et capable de réveiller un mort. Naturellement je lui ai répondu par un sonnet appelé : "Le marchand d'orviétan". Voici donc pour vous réjouir je l'espère, l'envoi et la réplique.

  LES GASCONNADES DE DON JUAN

 

Nonnette, je vous prie, quittez cet air farouche,

Point ne vous jetterai violemment sur ma couche,

Ni ne lacérerai vos sacro-saints atours.

Questionnez votre sœur sur mes dons pour l’amour !

Enquerez-vous aussi auprès de votre tante

Qui eut pour mon phallus un appétit de mante.

Je n’ose vous mander auprès de votre mère

Qui sut de mon pénis abuser votre père.

Toutes trois vous diront qu’elles n’ont eu qu’à se plaire

De mes fougueux services, par devant et derrière.

Car ma mine rugueuse, mes façons cavalières

Sont fausses apparences : mes méchantes manières

Sont faites pour celer mes vertus érotiques,

Acquises au cours des ans par l’assidue pratique

Des jeux de Cupidon.

             Moult dames délicates

Ont miaulé sur mon lit ainsi que folles chattes.

Quels que soient leur état, leurs avoirs, leur vêture,

Dames de la noblesse ou filles de roture,

Abbesse, jeune nonne ou tribade d’Isis,

Toutes ont fort joui de ma satyriasis.

Nulle n’a fait repentance pour avoir succombé.

Si elles ont eu des remords, elles les ont calmés

En se grisant encore de mes beaux attributs

Dont je leur prodiguais sans compter les vertus.

 

 

Je tais ici leur nom : certaines sont épouses

De princes et de ducs qui jamais dans la bouse

N’ont posé leurs souliers.

                          D’autres par coup de coeur,

Ne songeant qu’à s’offrir un fugitif bonheur,

N’ont pour seul capital que ce qu’elles ont dessus.

Souvent filles de rien, de fermes ou de rue

Elles méritent à mes yeux encore plus d’égard

Que nobles et bourgeoises qui cachent sous le fard,

La soie et les joyaux les désirs que le Diable

Attise en leur bas-ventre, moloch insatiable

Toujours prêt à happer les membres priapiques

Et pomper goulûment la liqueur spermatique.

 

 

Sachez, mon beau nonnain, que je ne prise point

D’usiner ces femelles aux avides besoins.

J’aime mieux mignoter les tendres minous roses

Qui ignorent encore presque tout de la chose

Amoureuse.

C’est pourquoi près de vous je m’empresse

Avec tant de chaleur. Ah ! caresser vos fesses,

Mordiller votre cou, câliner vos tétons,

Les bien sucer ; enfin sur le petit bouton,

Darder ma langue hardie mais non moins titillante.

Vous faire un peu mourir d’extase éblouissante !

Daignez que votre corps soit jardin des délices

Et votre petit con du plaisir mon calice.

 

De cette volupté je vous fais la promesse :

L’amour sur mon divan vaut bien mieux qu’une messe.

Et suivez donc l’exemple de votre "prude" abbesse !

Le curé effaré auquel elle se confesse

Vous dira le récit qu’elle fait de mes prouesses,

Sous le sceau du secret, mais en mouillant ses fesses.

                                                               

Jean Claude Perpère 

 

 

 

Le marchand d’orviétan.

 

Sublimes gasconnades que celle de ce Don Juan
Même le dieu Priape y verrait un géant.
Je soupçonne l’auteur de ces vers remarquables

D’avoir, en les pondant, fait soulever la table

 

De son membre viril trop longtemps assoupi

Qui, pour se mettre en branle, cherchait des stimuli.

Or, ce sculpteur de mots avec maestria

A trouvé dans son verbe un pendant au viagra.

 

Mieux que le cachet bleu ses envolées lyriques

Echauffent notre sang et réveillent nos triques

Flétries, ratatinées, depuis un certain temps.

 

Elles n’agissent hélas guère mieux qu’orviétan,

Car sitôt que s’achève la grisante lecture,

Nos bouts de chair retrouvent leur triste blettissure.

 

JB

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

Gasconnades et savoyardise
Gasconnades et savoyardise

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :