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Que ne suis-je un Bonobo…

J’aime d’autant plus les singes, que j’ai souvent le sentiment d’en être un moi-même. Il y a quelques millions d’années notre biosphère était peuplée de primates, des petits, des gros, des malins, des bêbêtes, des agiles, des dormeurs. Ils n’étaient pas tous très gentils. Il y en avait même de foncièrement méchants qui passaient leur temps à se combattre, voire à s’entre-dévorer. Il y eut dans ces années de genèse de superbes australopithèques, les zinjanthropes, qui ne se nourrissaient que de rhizomes et de fruits. Ils auraient pu devenir des hominiens et qui sait, engendrer au paléolithique des peuplades pacifiques, ancêtres d’une humanité bien différente de la nôtre. Allons, ne rêvons pas ! D’autres australopithèques les ont carrément tous dévorés et fait disparaître de la surface de la terre. Souvenez-vous du film « 2001 Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick. Au tout début, on voit deux bandes de grands primates qui se font face devant un puits et se donnent de violents coups sur la poitrine en poussant des grognements, pour intimider la bande adverse. D’ordinaire, ceux qui parvenaient à faire le plus peur, faisaient fuir les autres. Ce jour là il en alla tout autrement. Un des singes machinalement ramassa un gourdin qui trainait sur le sol, le considéra durant une longue seconde et EUREKA ! Il arma son bras et vint fracasser le crâne d’un rival mettant du même coup toute la horde en fuite. Alors, il poussa un grand cri de victoire et jeta le gourdin dans le ciel où il se transforma en vaisseau intergalactique. Superbe ellipse. Le descendant de ce tueur impitoyable c’est nous, nous tous. Oui, le pire des singes c’est l’homme et il en apporte chaque jour la preuve.
Sachez qu’il existe une variété de primates beaucoup plus subtile que la nôtre. Ce sont les Bonobos. Ils partagent 99.4 % du code génétique humain. (Par comparaison, le chimpanzé, son très proche cousin, n’en aurait « que » 98%). S’ils ne sont pas devenus entièrement comme nous, c’est parce que jadis, ils ont compris qu’ils vivraient en perpétuels conflits s’ils restaient sous l’autorité des mâles dominants. Du jour où ils ont décidé de se libérer de l’instinct de possession, d’abolir la raison du plus fort, de confier la responsabilité de l’éducation des petits aux femmes, et de partager le plus souvent possible avec elles tous les plaisirs de la sexualité, ils ont vécu dans la paix et dans la joie. Végétariens, eux aussi, ils ont pu - contrairement aux zinjanthropes - échapper aux gros primates grâce à leur agilité dans les arbres. Leur aptitude au bonheur les a guéris de toute jalousie. Quand une autre horde traverse leur territoire et y cueille en passant quelques fruits, leur capacité de fraternisation est sans limite et les nouveaux venus sont invités à se mélanger au cours de grands accouplements qui emplissent les frondaisons de râles extatiques. L’homosexualité ne leur pose aucun problème et si l’un d’eux veut s’unir avec un partenaire du même sexe, des volontaires seront là pour répondre à ses désirs. Ainsi les Bonobos ont pu survivre à tous les dangers de la jungle, échapper à la cruauté de nos propres ancêtres. Hélas nous continuons de les poursuivre avec acharnement et les déforestations se rapprochent chaque jour un peu plus de leurs ultimes refuges.

Les racistes qui osent comparer certains de leurs semblables à des singes leurs font en vérité des compliments car ces primates ne s’entretuent pas entre eux et ne macèrent pas dans les haines grossières.  

Eh oui, l’homme en tant qu’individu peut atteindre des hauteurs de vue et des capacités intellectuelles remarquables mais en tant qu’espèce il n’arrive même pas à la cheville d’un sage bonobo.

 

Que ne suis-je un Bonobo…Que ne suis-je un Bonobo…Que ne suis-je un Bonobo…
Que ne suis-je un Bonobo…Que ne suis-je un Bonobo…
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