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Place aujourd’hui au conteur-poète occitan Jean-Claude Perpère. Avec des mots puissants, il dépeint en quelques quatrains l’élimination de peuplades éclairées par des envahisseurs qui, parce qu’ils avaient inventé fusils et canons, construit galions et caravelles et ne croyaient qu’en un seul dieu, se pensaient supérieurs. Certes, ces conquérants savaient peindre, écrire, composer des œuvres musicales, connaissaient un peu les mathématiques et venaient de découvrir que la terre était ronde ce qui les encouragea à s’aventurer dans le grand large, convaincus qu’ils pourraient toujours revenir à leur point de départ. Hélas, déjà la cupidité et leur foi les aveuglaient au point de leur faire oublier qu’eux mêmes étaient issus de la biodiversité et qu’en la saccageant ils tuaient leur propre espèce à petit feu. Or, cette réalité, les peuples premiers qu’ils allaient anéantir, eux, la respectaient. Ils n’avaient pas besoin d’inventer des armes modernes, les arcs et les sagaies répondaient à leurs besoins raisonnables. A quoi bon peindre des tableaux sur toile, la nature offrait à leur vue des spectacles vivants et animés d’une beauté inouïe. A quoi bon construire des vaisseaux, les pirogues leur permettaient de longer les côtes et de remonter les fleuves. A quoi bon écrire des partitions ou des chroniques, le ressac de la mer, les chants des oiseaux, les ramures agitées par les vents, le tonnerre, leur offraient d’inimitables symphonies et la mémoire des anciens faisait office de livre d’histoire. Ils n’avaient pas besoin d’un dieu le père dans le ciel, ils avaient déjà une mère sur laquelle ils vivaient, qui avait tout créé : LA TERRE !

 

Hallali

 

Partout s’est imposée la civilisation

Où la cupidité engendre l’oppression,

Où l’homme est loup pour l’homme, pour la terre un pillard

Et où la loi suprême est celle du dollar.

 

Les gens de ces peuplades que l’on disait païennes

— Sioux ou Mohicans, Iroquois ou Cheyennes —

Quand ils fléchaient la proie dont ils se nourrissaient

Imploraient son pardon et la remerciaient.

 

Nature était, pour eux, la Grande Génitrice

Et détruire une vie sans raison, par caprice,

Etait un sacrilège sinon un parricide.

C’étaient là les sauvages promis au génocide !

 

Et on les massacra sans scrupule ni remords

Pour envahir leurs terres, car ils eurent le tort

De vouloir les défendre. Adieu, vertes prairies

Et bisons innombrables qui étaient source de vie !

 

Et voilà qu’aujourd’hui on s’adonne au carnage

Ici par distraction, là-bas par braconnage.

On tue, pour le plaisir et par appât du gain,

Les bêtes par milliers sans scrupule et sans frein.

 

La savane est devenue un sinistre abattoir :

On y tue l’éléphant pour son précieux ivoire

Pour sa corne priapique le lourd rhinocéros,

Pour sa peau la panthère. L’inventaire est atroce.

 

Harpon pour la baleine, ratissage des mers,

L’homme a éradiqué la moitié du bestiaire

En quelques décennies, sans souci du futur,

Creusant par convoitise sa propre sépulture.

 

 

Jean-Claude Perpère.

 

La pub qui s'inscrit dans les textes est récente. Elle se fait contre ma volonté sans qu'on m'ait demandé mon avis. Ne la lisez surtout pas. C'est une intrusion. 

HallaliHallaliHallali
HallaliHallali
HallaliHallali
HallaliHallali
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