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Ce matin je me suis levé à 5 heures, tiré des profondeurs du sommeil par une angoisse issue d’un rêve qui avait tendance à tourner en boucle. Pour y mettre fin j’ai quitté le lit et suis venu écrire ceci.

 

Ouf !

 

N’était-ce qu’un rêve ou le début d’un cauchemar ?

J’étais dans un train avec ma compagne

A l’arrêt dans une gare entourée de hangars

Et d’un réseau de rails dévorant la campagne.

 

Je sortis seul dehors et marchai sur le quai

Vers le grand hall marchand pour aller y flâner

Quand je fus pris soudain d’une envie d’uriner…

Les toilettes où j’entrai me donnèrent le hoquet

 

Elles avaient un aspect noirâtre et répugnant

Leur odeur d'ammoniac me brûla les yeux

Je m’enfuis écœuré, vacillant, nauséeux,

Dans l’idée de rejoindre mon compartiment.

 

C’est alors que le train s’ébranla sans m’attendre

Comme s’il voulait m’arracher à ma douce et tendre

Ou à mon sac cachant cartes et liquidités,

En clair tout mon argent et mon identité.

 

Comme un dément, je courus pour le rattraper

Dans ce dédale ferroviaire. Je parvins presque

A son dernier wagon, faillis me faire happer

Par un autre train faisant un bruit dantesque.

 

Et bouchant mes oreilles je voyais s’éloigner

Tout ce qui me rendait la vie facile et belle

Mon amour, mes papiers, et cet argent gagné

Au cours de mes activités professionnelles

 

La terreur me saisit. Où demander asile ?

Je n’avais plus de nom et plus de domicile

Sans un centime en poche je quittai éperdu

Cette gare maudite où j’avais tout perdu.

 

Je tombai sur un inextricable échangeur

Routier où des camions manquaient de me heurter. 

J’étais comme invisible et recherchais rageur

Un passage pour fuir, un coin pour m’abriter.

 

La gorge me piquait. Au bord de la dyspnée

J’aperçus un chantier d’immeubles inachevés  

Sans porte et sans fenêtre, comme abandonné.

Je m’y précipitai espérant y trouver

 

Des passants aimables, pas ces tristes figures

Qui venues de nulle part passèrent sans me voir.

J’eus beau crier tout haut ma folle mésaventure

Personne ne m’entendait, j’étais, ô désespoir,

 

Invisible, muet pour ces étranges créatures

Qui semblaient subjuguées par un petit écran

Sur lequel elles cliquaient à une vive allure

De leurs deux pouces agiles tout en avançant.

 

Ces sortes de morts-vivants, qu’avaient-ils donc d’humain ?

L’apparence, c’est tout. Leurs gestes, leur froideur

Semblaient être téléguidés par un « big brother »

Caché dans l’appareil qu’ils tenaient dans leurs mains.

 

Je débouchai sur une avenue encombrée de voitures

Où les conducteurs faisaient hurler leur avertisseur

Tout en ne quittant pas des yeux, sur la bordure

De leur tableau de bord, l’écran hypnotiseur.

 

Je ne m’en sortais pas. Au loin des gilets jaunes

Déferlèrent en scandant des slogans tapageurs

Ils n’étaient pas hélas parfaitement synchrones.

Parmi eux opéraient de violents saccageurs

 

Qui déclenchèrent les foudres des imposants gardiens

Chargés de réprimer les faiseurs de chaos

Ma tête prit un coup et je tombais KO,

Moi qui avait tout perdu et qui n’était plus rien.

 

Quand je repris conscience, je sortis du sommeil

Et jubilai de voir qu’elle était là, tout près

Dormant paisiblement dans ce grand lit douillet.

Et pour ouïr son souffle je tendis mon oreille…

 

Ouf !

 

JB

 

La pub qui s'inscrit dans les textes est récente. Elle se fait contre ma volonté sans qu'on m'ait demandé mon avis. Ne la lisez surtout pas. C'est une intrusion. 

OUF !OUF !OUF !
OUF !OUF !
OUF !OUF !OUF !
OUF !OUF !
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