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Un rapport publié en juillet 2013 dans la revue Marine Policy a révélé qu’environ 100 millions de requins étaient tués par les humains chaque année.  L'aileron de requin est un must de la gastronomie du sud-est asiatique. Quatre requins sont massacrés chaque seconde en moyenne dans des conditions atroces. Quand ils sont capturés, on leur coupe ce fameux aileron et on les rejette vivants à la mer où ils meurent à petit feu si leurs semblables ne sont pas là pour abréger leur agonie en les dévorant. D’aucuns se demandent pourquoi ces gentils squales s’en prennent de plus en plus aux humains ? Les pêches intensives les affament, les « squalicides » les anéantissent. Les hommes ont le culot de s’indigner et de réclamer vengeance quand un de ces malheureux rescapés se repait de la jambe d’un surfeur venu le provoquer sur son terrain de chasse. Or sa quête infructueuse de proies oblige le requin à se rapprocher des côtes où de malins poissons viennent se réfugier pour échapper aux chaluts géants des prédateurs humains. Au sens figuré du terme, quels sont les vrais requins, les squales ou les hommes ?

Jean-Claude Perpère a capté les pleurs de ce sélachimorphe datant du dévonien – 420 millions d’années – profilé comme un bolide, magnifique création marine, qu’en moins de cinquante ans, notre espèce insatiable a pratiquement anéantie. La plume aux accents d’oc du poète ariégeois, plaide la cause des survivants …

 

 

 

 

 

 

REQUIN CHAGRIN

 

 

Le requin l’a croqué, le surfeur téméraire.

L’éphèbe, inconscient des périls de la mer,

A laissé son mollet dans la gueule du squale

Lequel, chacun le sait, est sinistre animal.

 

Puis, mis en appétit par ce bout de barbaque

La bête des abysses, revenant à l’attaque,

Finit de dépecer son gibier mutilé

Dans un geyser de sang et de tripes mêlés.

 

L’écume teintée de rouge glissa jusqu’à la plage

Où la foule ameutée assistait au carnage,

Convulsionnée d’angoisse et d’effroi sans pareils.

Terminés barbotage et farniente au soleil !

 

Tandis que l’aileron filait nonchalamment,

S’éleva sur la grève un furieux braillement

Exécrant les élus et le gouvernement

Pour leur fichu laxisme et leurs atermoiements :

 

Combien faudra-t-il donc de mortels accidents

Pour purger l’océan de ses cruelles dents ?

« Faut crever ces requins qui rodent sur nos côtes

A leurs frangins du large ça foutra les chocottes !

 

Le Préfet, les édiles et tout leur saint-frusquin

D’écolos, biologistes, foutons-les aux requins !

Tous ces nases impuissants à assainir la mer

Abandonnent le Peuple aux poissons sanguinaires ! »

 

A-t-on jamais ouï qu’un de ces requins tigres,

(Ou taureaux ou grands blancs ou pèlerins qui migrent)

Est venu barboter dans une de nos piscines,

Ou vider le garde-manger d’une de nos cuisines ?

 

Non ! Le squale est chez lui dans le vaste océan.

Tant pis pour le crâneur qui se prend pour Tarzan.

S’il happe quelques humains, l’homme, lui, l’extermine.

Car l’homme est fauve en chef, malgré ses frêles canines.

 

Et en plus ça rapporte le trafic d’aileron

Que l’on sert en potage à des Chinois marrons

Alors traquons la bête dans son milieu marin !

De l’homme ou du requin, quel est le plus chagrin ?

 

 

Jean-Claude Perpère

 

 

La pub qui s'inscrit dans les textes est récente. Elle se fait contre ma volonté sans qu'on m'ait demandé mon avis. Ne la lisez surtout pas. C'est une intrusion. 

 

Requin chagrinRequin chagrinRequin chagrin
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