Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Chers Amis, il est vrai que Proudhon, Bakounine, Kropotkine ont été les pères de l’Anarchie mais la pensée libertaire avait un grand père. La pensée républicaine, elle, en avait deux. Ceux de la pensée républicaine, vous le savez tous, étaient Solon, l'un des Sept Sages de la Grèce antique, et le grand Pericles. Mais connaissez vous celui de la pensée libertaire ?  Cet homme aussi était Athénien, un Athénien sans le sou, en guenilles, qui méprisait l’argent et tous ceux qui lui courent après ; un Athénien qui n’avait peur de rien, pas même du plus grand des conquérants d’alors qui, se dressant devant lui, lui cachait le soleil, SON SOLEIL. Cet astre, l’un des dispensateurs de la vie, n’était et ne pouvait être la propriété de personne, chaque individu ayant droit à sa part de lumière. Des hommes comme lui, vous pouvez en rencontrer encore quelques uns dans les rues d’Athènes aujourd’hui qui attirent sur eux les Smartphones des touristes avides de photos souvenirs. Ce ne sont bien évidemment que des épigones dont la voix n’a aucune portée. Celle du Maître dont l’ami Jean-Claude Perpère dresse ici un portrait MAGISTRAL on l’entend encore résonner dans nos consciences plus de 2000 après qu’elle a parlé. VIVAAAA !

 

 

 

 

 

 

« Oui, fils de Zeus tu l'étais vraiment,

Tout autant que chien céleste. »

(Cercidas de Mégalopolis, Méliambes)

 

 

Bien qu’il eut l’air bonhomme, il méprisait les gens

Qui affichaient l’aisance et un air suffisant.

Les autres n’étaient point épargnés par sa verve

Qui se plaignaient sans cesse d’être en mal de réserves

Pour rassasier leur faim, se vêtir décemment,

Fréquenter l’hétaïre ou boire leur content.

 

On le traitait de chien, car c’était un cynique.

Il disputait leurs os aux cyons faméliques

Qui rôdaient dans Athènes et qu’il disait ses frères

Même s’ils le mordaient quelquefois au derrière.

Vivant à leur exemple sans pudeur et de peu,

Et il n’abluait guère son corps ord et squameux.

 

On le voyait souvent retiré dans sa niche

Un pithôs ébréché, laissé dans une friche

Non loin des vieux remparts longeant le Céramique.

Là, comme enflammé de trouble pithiatique,

Il aboyait aux gens des vérités cruelles

Cinglant leur bouffissure, leurs envies, leur cautèle.

 

A peine recouvert de guenilles crasseuses,

Et d’un manteau grossier, fait de laine fibreuse,

Sur l’agora vaguait en s’aidant d’un bâton,

Brandissant un falot, qu’il fit soleil ou non.

Il fixait les passants d’un regard sourcilleux

Cherchant à scruter l’âme dans le reflet des yeux.

 

« Je cherche un homme » clamait-il de sa voix goguenarde

Au nez de ceux qu’il croisait. Ceux-là, mine blafarde

Ou rouge de fureur et d’émoi vergogneux

Vite se détournaient de son fanal fumeux.

Il proclamait aussi que l’homme étant mortel

Il n’était rien de plus qu’un jouet sur l’autel

 

Des dieux puissants mais tout autant frivoles

Et aussi insensibles que l’étaient leurs idoles ;

Qu’il était dérisoire d‘amasser les trésors,

De montrer sa richesse en se couronnant d’or.

Il prônait l’amour libre et la masturbation

Si l’on était privé de tendre relation.

 

Les infortunes amères d’une âpre destinée

Le firent banni d’Athènes, hoplite à Chéronée

Vaincu et capturé puis esclave à Corinthe.

Onques le mauvais sort ne lui arracha de plainte

Mais il le conforta dans l’idée que l’esprit

Fait tous les hommes égaux : pauvre en butte au mépris,

Grand roi de Macédoine ou métèque ou ilote,

Zélateur de Platon, disciple d’Aristote.

 

Il n’avait donc point peur de rien ni de personne

Montrant à tous et à chacun une mine grognonne.

Ses préceptes fameux dans tout le pays hellène,

Des monts de l’Arcadie jusqu’aux rives ioniennes,

Attirèrent un jour le divin Alexandre

Qui, l’ayant approché de trop près pour l’entendre,

Subit ce camouflet : « Ôte-toi de mon soleil ».

Le conquérant conquis par l’aplomb sans pareil,

Dit aux siens, choqués par le ton peu amène,

« Si n’étais Alexandre, je serais Diogène ».

 

C’était là bel hommage du vice à la vertu,

Du prince flamboyant à l’homme vivant nu,

De tel désirant tout à qui ne voulait rien,

Ou du lion safre au commensal du chien.

 

Jean-Claude Perpère

 

 

La pub qui s'inscrit dans les textes est récente. Elle se fait contre ma volonté sans qu'on m'ait demandé mon avis. Ne la lisez surtout pas. C'est une intrusion.  

 

 LE CHIEN CELESTE LE CHIEN CELESTE
 LE CHIEN CELESTE LE CHIEN CELESTE
 LE CHIEN CELESTE LE CHIEN CELESTE
 LE CHIEN CELESTE LE CHIEN CELESTE
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :