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Dans ce monde "ultralibéralisé", tout se vend, tout s'achète. Les Chinois, qui du temps de Mao, ont incarné la rigueur "stalino-marxiste" ont vite retrouvé le goût des affaires et fabriquent plus de milliardaires à l'année que les Etats-Unis et l'Europe réunis. Le vrai "péril jaune" n'est pas comme le croyaient les pères des angoissés du "Grand Remplacement" leur déferlement massif  sur nos terres. Non, il est financier et que ce soit en Asie, en Afrique, en Amérique, en Europe, les Chinois achètent tout ce qui peut être à vendre: des entreprises, des terres, des ports, des aéroports, tout, absolument tout ce qui est susceptible de leur rapporter. Notre barde de la haute Ariège, Jean-Claude Perpère, peut être sous l'effet d'un nectar du bordelais rebaptisé pour plaire aux consommateurs de Pékin ou de Shanghaï, nous livre des strophes magistrales sur cette frénésie mercantile.

 

 

Terres mandarines

 

Avez-vous dégusté le cru “Grand Antilope” ?

Moi, je l’ai savouré en mangeant l’escalope.

Et cet autre étiqueté le “Lapin Impérial” ?

Je m’en suis délecté, il m’a rendu jovial.

 

Mais c’était autrefois, quand ces vins de Bordeaux

Avaient nom Château Bel-Air et Château Larteau.

Que s’est-il donc passé dans nos nobles terroirs

Pour se voir brocardés de labels dérisoires ?

 

Vous n’en goûterez plus de ces vins d’Aquitaine.

Tous sont expédiés vers Shanghai et Pékin.

Sous l’AOC Bordeaux “l’Antilope Tibétaine”

Sublimerait, dit-on, l’aileron de requin.

 

Les milliardaires chinois ont beaucoup d’appétence

Pour les terres des autres et d’abord du tiers-monde,

D’Afrique notamment où la vénale conscience

Des caciques s’achète ainsi que la glèbe féconde.

 

Le produit de ces terres aussi part pour la Chine.

Tant pis pour les pays au bord de la famine.

Les hommes sont spoliés des champs les plus fertiles,

Nombreux sont ceux qui mettent leurs espoirs dans l’exil.

 

Le scénario chez nous est bien moins dramatique.

Quand il s’agit d’argent, on y est pragmatique,

Et ceux qui ont vendu leurs terres agricoles

Ont vu dans ce marché un fabuleux pactole.

 

Mais quoi ! Ce vieux pays de France,

N’a-t-il plus aujourd’hui que la vaine apparence

De celui que bâtirent Louis XI et Colbert,

Bonaparte et de Gaulle ? N’a-t-il plus de repères ?

 

Vendra-t-on nos barrages et nos aéroports,

Nos centrales atomiques, nos fabriques et nos ports,

Et nos infrastructures, en plus de nos terrains,

Par lots, pour leurs dollars, aux opimes mandarins ?

 

Athènes, prise à la gorge par l’intraitable Europe,

S’est livrée au yuan. Lisbonne a fait de même,

Imitée par Madrid. Nos chefs sont-ils myopes ?

Non ! Ils servent le roi Fric, le commandeur suprême !

 

Jean Claude Perpère

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