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Aujourd’hui c’est en prose que je vais rédiger ce que j’ai sur le cœur. Hier dans un commentaire que j’ai fait sous un post de l’ami Jean-Claude Depoil, j’ai vu apparaître un texte qui était une succession d’insultes concernant mon ancienne activité à TF1 où j’ai exercé mon métier de grand reporter et de producteur d’un magazine de grand reportage. J’y étais traité de pourri, de vendu, de bidonneur, de lèche-botte et autres qualificatifs rebutants qui, je l’avoue, me donnèrent la nausée. Comment avais-je pu inspirer un tel dégoût, une telle animadversion ? J’ai cliqué sur le nom qui signait ce concentré de haine et je suis tombé sur une page illustrée par un buste portant un masque de primate hirsute. J’ai eu le réflexe de faire une capture d’écran du site d’où émanait ce post fielleux avant que celui-ci ne disparaisse presqu’aussi rapidement qu’il était apparu.

Certes, la raison m’a conseillé d’ignorer cet incident, de dédaigner ce genre de bassesse. Hélas ce n’est pas dans ma nature. Des attaques j’en ai subies quelques-unes quand j’étais à TF1. Pas quand TF1 était encore « service public » où j’étais plutôt bien vu par les confrères de la presse écrite, mais quand la chaîne a été rachetée par les Bouygues. Là, j’ai soudain été la cible de critiques sévères par ceux-là mêmes qui m’avaient auparavant accord leur sympathie.

Il est vrai qu’à l’époque la presse écrite «  politiquement correcte » n’avait pas encore été rachetée par des milliardaires et tirait à boulets rouges sur TF1 privatisée et sur ses émissions. Pourtant, nous avions lutté contre cette privatisation. Des camarades qui sont aujourd’hui des amis sur Facebook peuvent l’attester. Mais quoi, elle avait eu lieu, et plutôt que de foutre le camp, nous sommes restés et avons continué à faire notre boulot, comme avant, en essayant le plus souvent possible de mettre en lumière, un peu partout dans le monde, des gens modestes, parfois très démunis, n’intéressant personne et qui pourtant par leur optimisme, leur débrouillardise, et surtout leur force de vie étaient admirables.

Nous avons tenu 15 ans dans un système où seul l’audimat compte. Il a fallu parfois lâcher quelques concessions aux annonceurs qui font la pluie et le veau temps sur l’antenne. Nous en avons accordé fort peu car nous avions le public avec nous, pas ces intellos qui passent leurs temps à sodomiser les diptères – une expression plus vulgaire existe que je ne veux pas vous infliger – non, le vrai public celui qui réagit avec son cœur sans faire passer ses émotions par les filtres réducteurs des préjugés intellectuels.

Aujourd’hui où 90% de la presse écrite a subi le même sort que TF1 et se trouve sous le contrôle de grands industriels, j’ai beaucoup de mal à reconnaître les journalistes qui jadis s’érigeaient en censeurs et en gardiens de la déontologie. Je les vois épouser les idées de leurs maîtres comme ces chiens tenus en laisse qui ont le cou pelé. Nous n’étions certes pas le loup de la fable. Nous allions à la gamelle comme le font la plupart de nos semblables mais jamais on ne nous a mis de laisse, et nous avons pu courir le monde en toute liberté. Que fait ce détracteur qui m’a roulé dans la fange ? Vit-il sans jamais faire de concession, dans quelques recoins secrets ignorés des régulateurs, en homme totalement libre ? Alors oui, je comprends, c’est sans doute pour ça qu’il avance masqué…   

 

L’insulteur
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