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LES "DEBOULONNEURS "

Ma pensée du jour est destinée à tous ceux qui veulent gommer le passé en déboulonnant les statues de personnages qui ne mériteraient pas, selon eux, d’être glorifiés. Nos zones d’ombre ne doivent pas être effacées  et mieux vaut adjoindre sur nos monuments sujets à caution un texte explicatif plutôt que de les faire entièrement disparaître. Aucun personnage de notre histoire n’étant sans reproche, on pourrait, si on les occultait, oublier  les contradictions  qui font partie du ciment de notre nation.

( Après l'inévitable pub, grrrrr !)

 

 

 

 

 

 

Les déboulonneurs.

 

Je suis « indigéniste » et je suis Parisien

Je suis « indigéniste » et je n’ai peur de rien

Je m’attaque aux statues de ces grands mandarins

Qui osent se dresser fièrement sur mon chemin.

Je ne les ai pas connus mais ça me fait du bien

De m’en prendre avec rage à ces fichus anciens.

Quand je les déboulonne je venge le destin

De ceux qui ont subi l’affront et le gourdin.

Je suis « indigéniste » et non pas un gredin

J’aime les gens foncés, pas trop les Caucasiens

Qui se sont emparés des terres et des biens

De mes ancêtres que je ne connais pas très bien.

 

Moi je vis à Paris mais je suis d’autre part.

Des aïeux italiens ont débarqué hagards

Dans cette France qui accueillait beaucoup de fuyards

Et, enfant, je suis devenu un savoyard,

Adopté par une terre, française par hasard.

En dix huit cent soixante, son Duc, plutôt veinard,

Promu roi d’Italie, brade ce fief montagnard ’

A une France coloniale qui plante ses étendards

Sur les terres d’Afrique et d’Asie, en fanfare.

Je suis blanc et  parfois jugé sans trop d’égards

Par ceux qui m’assimilent aux guerriers en casoar

 

Comme les « indigénistes » je rêve sur mes ancêtres.

D’un grand père de Narbonne j’ai hérité peut-être

D’un sang juif ou arabe qui survit dans mon être,

Et d’autres grands parents que j’eusse aimé connaître,

Originaires du Tessin, des gènes de reître

Qui peuvent, va savoir, quelquefois transparaître.

D’un lignage lombard qui n’a pu disparaître.

Dois-je ma forte carrure qui ne me rend pas piètre ?

 

Qui dois-je déboulonner, moi l’infâme bâtard ?

Peut-être me faut-il commencer par César ?

Et je n’oublierais pas le chevalier Bayard

« Sans peur et sans reproche » d’après les racontars,

Ni les frères de Maistre, ces brillants Savoyards,

Dont l’un tança Voltaire et l’autre aida un Tzar,

Ni Montaigne ni Rousseau inconnus dans les gares

Que j’ai dû étudier pour combler mes retards,

Bref tous les beaux esprits aujourd’hui trop ringards

Pour être appréciés de ces jeunes cabochards

Qui préfèrent l’effacement total aux encarts.

 

Eh bien non, non et non ! Mon histoire j’y tiens

Elle est aussi la leur s’ils l’analysent bien

Et surtout s’ils admettent que tous nous soyons,

Malgré nos différences, d'une même nation

 

 

 Viva !

 

JB

LES "DEBOULONNEURS "
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