Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le baiser de la méduse

«  L’ homme ne se situe pas au sommet de la hiérarchie du vivant, mais s’inscrit au contraire dans l’écosphère comme une partie qui s’insère dans le tout »

— Arne Næss, Écologie, communauté et style de vie1.

( Après l'intrusion publicitaire )

 

 

 

Le baiser de la méduse

 

Les écologistes parlent de l’environnement

Et les écosophes, eux, y pensent intensément.

Les premiers se disent les défenseurs du vivant.

Les seconds, à son écoute, l’observent du dedans

 

Un maire qui ne veut plus d’un sapin de noël

Pour décorer sa ville a raison, c’est certain.

C’est un arbre adulte qu’on va abattre afin

Qu’il soit illuminé pour une fête annelle,

 

Puis on le jettera. C’est une bien triste fin

Pour ce roi des forêts dont on loue la verdure.

Pourquoi ne pas en planter un dont le destin

Serait à chaque Noël d’être couvert de parures ?

 

Mais que pense ce maire des élevages intensifs

Lieux concentrationnaires puants et répulsifs ?

Va-t-il aussi interdire la dinde de Noël

Ou les foies d’oie gavée de manière cruelle ?

 

Il y a tant d’autres luttes qui sont prioritaires.

Elles concernent tous les produits phytosanitaires

Les déforestations massives, les pollutions

De l’air, des eaux et de nos agglomérations.

 

Je ferais à ce maire une captieuse riposte

En arguant que la sciure fait un bon compost

Il pourrait être utile utile à la permaculture.

Un recours qu’on doit juger sans désinvolture.

 

Les écolos savent-ils ouvrir grand leurs deux yeux

Croyant le défendre, sont-ils coupés du milieu ?

Une femme ou un homme qui parle à ses fleurs

Est plus écologiste que bien des palabreurs.

 

Moi, le micocoulier je l’aime comme un frère

Et malgré la covid, je l’étreins très souvent.

J’ai aussi des tendresses pour ma jardinière

Et veille à ce qu’elle ne manque d’aucun nutriment.

 

Quand une fleur se fane j’ai un certain dépit,

Mais quand elle refleurit  j’éprouve du bonheur.

Je m’efforce d’humer ses imperceptibles senteurs

Qui, même rébarbatives, sont un signe de vie.

 

L’écosophie c’est suivre une colonne de fourmis

Qui inlassablement accumulent des vivres,

C’est tendre son oreille à une abeille amie

Qui près de vous butine et de pollen s’enivre,

 

C’est guetter le gecko avide de moustiques

Qui apparaît le soir d’une tuile de notre toit

Il hésite puis d’un trait disparaît à l’endroit

Où il fera son festin pantagruélique.

 

C’est le goéland râleur qui hante mes sommeils

Les trilles du pinson qui enchantent mes réveils

La tourterelle qui vient réclamer sa tartine

Ou le  banc de poissons qui près de moi s’anime

 

Et même la méduse dont l’urticante caresse

A laissé sur ma peau ses marques d’affection

Fait partie de cette écosphère  enchanteresse

Dont nous procédons à l’aveugle destruction. 

 

JB

 

Le baiser de la méduseLe baiser de la méduse
Le baiser de la méduseLe baiser de la méduse
Le baiser de la méduseLe baiser de la méduse
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :