Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Urtiquante surprise et troublante rencontre

C’est arrivé hier…

(Après la pub imposée)

 

 

 

 

 

 

 

Urticante surprise et troublante rencontre…

 

Hier matin, de nouveau, la mer était parfaite

Et j’ai nagé longtemps dans un doux abandon.

Des milliers de poissons semblaient me faire la fête

Comme s’ils accueillaient le divin Poséidon.

 

J’étais loin du rivage en face du soleil

Dans le reflet de feu qu’il traçait sur la mer.

Ce ballet sous-marin était une merveille

Et à chaque coulée je me laissais distraire

 

Au point de n’avoir pas aperçu les intruses.

Et quand dans mes lunettes je les ai soudain vues

Elles m’encerclaient déjà, ces maudites méduses

Qui me firent payer cher cette rencontre imprévue.

 

Leurs brûlures térébrantes m’affolèrent beaucoup.

Je gagnai le rivage en nageant comme un fou.

Comment les éviter ? Il y en avait partout !

Mes bras étaient en feu ainsi que mes genoux.

 

En sortant je me frottais vigoureusement

Avec du sable pour faire partir les filaments

De ces sales bestioles qui n’ont pas de cerveau

Et qui au gré des courants flottent entre deux eaux.

 

Un charmante dame aux longs cheveux très clairs,

Vêtue d’une robe pâle longeait le bord de mer.  

En anglais je prévins que cette zone balnéaire

Etait un peu plus loin infestée de cnidaires. 

 

Dans un français orné d’une pointe d’accent

Elle m’avoua qu’elle était seulement en balade

Et qu’aujourd’hui elle éviterait la baignade.

Ses yeux gris avaient des reflets opalescents.

 

De son visage aux traits d’une douceur infinie

Emanait une mélancolie douloureuse.

 Et je compris le mal qu’elle avait d’être heureuse

Quand je sus qu’elle était réfugiée de Bosnie.

 

Mes questions la ramenèrent à Sarajevo

Dans la Yougoslavie que dirigeait Tito.

« J’aimais cet homme » dit-elle, avec une force soudaine.

Sous sa gouvernance il n’y avait pas de haine.

 

On était un seul peuple, on le pensait ma foi

Et cet homme qu’à l’Ouest on traitait de dictateur

Etait en vérité un grand fédérateur.

Orthodoxes, catholiques, musulmans, c’était quoi ?

 

La religion n’était pas notre tasse de thé,

Nous étions élevés dans la laïcité.

Et puis Tito est mort et des chefs ambitieux

Pour avoir des adeptes se sont servis de Dieu.

 

Or le dieu des Serbes n’est pas celui des Croates

Et celui des Bosniaques ne se prie qu'en sourates ».

L’horreur emplit ses yeux, son teint devint diaphane.

«  Et j'ai alors appris que j'étais musulmane ».

.

Ce mot de la fin me fit revivre le chaos

Qui écrasa la cité de Sarajevo,

Ce haut lieu de culture rayonnant à l’envi

Au temps anéanti de la Yougoslavie.

 

Je l’ai regardée qui s’éloignait sur la plage

Sans se retourner puis je ne l’ai plus vue,

Un peu comme un fantôme qui était de passage

Pour faire revivre en moi un monde disparu.

 

 JB

Urtiquante surprise et troublante rencontreUrtiquante surprise et troublante rencontre
Urtiquante surprise et troublante rencontreUrtiquante surprise et troublante rencontre
Urtiquante surprise et troublante rencontreUrtiquante surprise et troublante rencontre
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :