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Si la Covid m'était comtée

 Si la Covid m’était contée.

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Moi, Covid, princesse des ténèbres…

 

Comme le suggérait le camarade Xi  Jiping

J’ai emprunté gaiment la route de la soie.

M’infiltrant dans les taudis comme dans les buildings.

J’ai semé au passage la mort autour de moi.

 

Si j’ai quitté la Chine, mon pays de naissance,

Après avoir causé des hécatombes exquises,

C’est parce qu’en imposant partout l’obéissance

Sa tyrannie ne m’a laissé que peu d’emprise.

 

L’Inde fut un régal, j’y ai fait un carnage

Elle a eu un  taux si fort de mortalité

Qu’hélas s’est répandu l’auto-immunité

Qui dressa  devant moi un infrangible barrage.

 

Par bonheur, il y avait tous les autres pays

Que j’ai, je peux le dire, facilement envahis

L’Europe se crut forte. Elle fut un morceau de choix.

J’y semais la pagaille financière et l’effroi.

 

Hôpitaux débordés, vieillards mourant en masse.

Je laissais les plus jeunes s’adonner à leurs frasques.

Se croyant sans risque ils ne portaient pas de masque.

Que les anciens dégagent,  ça fera de la place !

 

Ils ne l’exprimaient pas  mais c’était dans leur tête.

N’écoutant personne, ils organisaient des fêtes

Et ces nigauds qui  croyaient jouer les rebelles

Me livraient, sans le savoir, toute leur parentèle.

 

L’Europe confina et je marquais le pas.

Mais la crainte des faillites et dépôts de bilan

Pour les petits commerces et petits fabricants

Fit se « dé-confiner » la plupart des Etats

 

Alor survint la ruée et les distanciations

Ont été oubliées pour faire plus de  profit.

Il y eut  des excès que rien ne justifie

Pas même la  soif  d’argent et de consommation.

 

Les restaurants étaient pleins. Les boutiques bondées

Jamais n’avaient  été aussi achalandées.

Certains baissaient le masque à la moindre occasion

Dans tous les lieux publics volaient les postillons.

 

J’étais comme un comateux qui soudain renaît.

Les foules se défoulaient. Je les contaminais.

J’errais dans les night-clubs jusqu’au petit matin

La  mort, dans mon sillage, fauchait avec entrain

 

Cette fois, je décidai d’être moins magnanime

Et de ne pas m’en prendre qu’aux êtres cacochymes..

Je ciblais aussi des gens dans la force de l’âge

Qui m’avais pris pour un virus gérontophage.

 

J’aime les commerçants et les restaurateurs

Qui  pour combler leurs pertes en oublient  la rigueur

Me permettant ainsi d’atteindre sans retard

Les clients trop serrés, les convives trop bavards

 

Moroses, les gouvernants durent re-confiner

S’attirant sur le champ les suppliques amères

De ceux  qui  s’étant montrés indisciplinés

Avaient aggravé les conditions sanitaires.

 

Je fus privé de cible et ne m’en réjouis guère.

J’errais fort dépité dans les grandes artères.

Puis, las des villes, je rôdais dans les patelins

Où, me croyant absent, les gens  se méfiaient moins

 

Malgré ça, mon quota baissa sensiblement.

Pour faire repartir un commerce sous perfusion

Qui ne survivrait pas  à une longue inaction

Les gouvernants allégèrent le confinement.

 

Et je pus de nouveau, sans réserve, me répandre

Car trop heureux de voir des clients s’entasser

Chez eux, les marchands ne leur faisaient pas  attendre

Leur tour dehors de peur de les voir se lasser.

 

En Amérique j’ai engorgé les cimetières.

J’ai même contaminé Trump et Bolsonaro

Que j’ai ensuite graciés parce que ces deux farauds,

Sous-estimant mes capacités meurtrières,

 

Ne portaient pas de masque et furent imités

Par leur partisans que  j’infectais sans compter.

Où était Jeff Bezos durant ma pandémie ?

Il se terrait, sans doute, comme tous ses amis

 

J’ignore la mansuétude et les riches à milliards,

Ont tous très peur de moi et se tiennent à l’écart.

Je n’ai pu liquider que fort peu d’agioteurs

Aucun roi du pétrole, aucun grand prédateur.

 

Au fond, malgré moi, je fus un virus de classe

Je m’en suis pris aux faibles sans atteindre les forts

Hélas l’économie peut tomber au point mort

Et pour qu’elle redémarre, il faut que je trépasse.

 

Des vaccins vont, c’est clair, couper tous mes élans

Et je reprendrai, dépité, la route de la soie

Pour aller discrètement me réfugier chez moi

Dans l’énigmatique laboratoire de Wuhan.

  

JB

 

 

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