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L'instinct du prédateur et la soif de tendresse

A propos des récents scandales sexuels ( après la pub intruse)

 

 

 

L’instinct de prédation

 

Ce ne devrait pas être dans notre tempérament

Mais durant des millénaires, les femmes désarmées

N’ont eu qu’un seul droit, celui de la fermer.

Il fallait être reines ou femmes d’action

 

Pour échapper à cette éternelle sujétion.

Aucune révolution ne se fait sagement

Avant d’avoir le droit de vote les suffragettes

Ont reçu des coups de matraques sur la tête,

 

Subi des lazzis dans les salles de police

Et été confrontées aux foudres d’une justice

Edictée par les hommes et donc patriarcales.

Pourtant elles ont remporté cette lutte inégale.

 

Il n’y a jamais de combat perdu d’avance

Les suffragettes l'ont prouvé, les femmes pas encore.

Dans la vie quotidienne l’homme restant le plus fort

Peut instinctivement commettre des maltraitances

 

C’est vrai qu’adolescent quand, pour la première fois,

On va avec une fille vivre le grand coup de cœur,

Passant outre ses craintes et son profond émoi

On pousse parfois la porte avec trop vigueur.

 

Mais si celle-ci résiste et qu’on force l’entrée

C’est un viol, oui, un viol qu’on vient de perpétrer

Un fort mauvais début qui peut marquer à vie

Le garçon trop pressé et celle qui l’a subi.   

 

Poussé par ses désirs qu’il ne peut contenir

Le mauvais amant ne cherche qu’à les assouvir  

De gré si c’est possible et, dans le cas contraire,

En se montrant pressant, brutal, autoritaire.   

 

Les jeunes filles qui sont victimes de tels outrages

Héritent d’un traumatisme qui persiste avec l’âge.

Par bonheur, en général, loin de faire souffrir

Le premier amour génère de doux souvenirs.

 

Le « star system », c’est clair, fait tourner bien des têtes

Quelques « mâles », trop  grisés, se croient irrésistibles

Et se comportent avec les femmes prises pour cible

En prédateurs sexuels qu’aucune décence n’arrête.

 

C’est pourquoi les « Me too » ou  les « Balance ton porc »

Quoiqu’excessifs et cruels parfois dans leurs dires

Ont  le mérite de faire trembler tous ces cadors

Qui ne voient dans la femme qu’une chair à plaisir.

 

Je n’étais pas ainsi, j’ai donc eu de la chance.

Le charme et l’esprit tout autant que l’apparence

Faisaient jaillir en moi un émerveillement

Qui ne m'inspirait pas de vils comportements.

 

J’étais timide et n’avais rien du séducteur

Qui, sans l’avoir appris, sait se mettre en valeur.

Faute de bien parler, j’écrivais  des poèmes

Qui se terminaient tous par un banal « je t’aime » 

 

Ils  suscitaient parfois de dures réactions,  

Des ricanements blessants, des regards moqueurs

En groupe, la muse tirant profit de mes candeurs

Trônait en déclamant mes vers de mirliton.

 

Quand on n’est pas Rimbaud et qu’on a quatorze ans,

Mieux vaut ne pas se fier au pouvoir de sa plume.

Pourtant, un jour, j’eus droit, une fois n’est pas coutume,

A un remerciement tendre et réconfortant.

 

Elle s’appelait Lucile cette lumière d’un jour

Qui avait su apaiser mon besoin d’amour

Par un baiser sur la joue qui me trouble encore

Alors que mon âge me rapproche de la mort.

 

Une preuve, s’il en faut une, qu’assez vite on oublie

Les passions sexuelles pleines de fausses promesses

Mais qu’à jamais se sont incrustés dans nos vies

Celles ou ceux qui nous ont prodigué leur tendresse.

 

VIVA !

 

JB 

 

L'instinct du prédateur et la soif de tendresse
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