J’ai l’impression que comme les indiens Koguis de la Sierra Nevada de Sainte Marthe en Colombie, l’ami Jean Claude Perpère et moi arrivons parfois à mettre nos pensées en commun. Tandis que je composais « Comme des fauves en cage", lui s’attaquait à « C’était une si belle idée l’Europe » Entre cet aède occitan et le petiou de Savoie existe un élément qui nous donne parfois cette possibilité de voir un peu plus loin que l’horizon immédiat : NOS MONTAGNES ! Allez Compagnero, adelante !
C’était une si belle idée, l’Europe
C’était en vérité une si belle idée, l’Europe,
Promue par des hommes d’Etat quelque peu philanthropes
Tout au moins soucieux de paix, du bien public,
Qui, attentifs aux finances, abhorraient les trafics.
C’était pourtant une admirable idée, l’Europe,
Trop belle pour les vautours de ce monde interlope
De banques et d’officines où la rapacité
Justifie la rapine et l’immoralité.
C’était sans conteste une fameuse idée, l’Europe.
Mais voilà qu’elle succombe aux grasses enveloppes
Glissées par les lobbies, les maîtres de l’argent,
Aux décideurs vénaux, avides et arrangeants.
L’Europe était pourtant une bien belle idée.
Mais elle est, à ce jour, sur le point de céder
A l’appétit d’Etats performants et prospères,
Qui dictent leur canon aux pays dans l’ornière.
L’Europe s’est gauchie d’abord par l’élargissement
A des pays venant à peine d’émerger du néant.
Il ne s’agissait point de générosité
Mais bien de s’engraisser de leur précarité.
L’Europe industrielle, en accroît stratégique,
Soumet ces pays à sa règle économique,
En fait, pour ses produits, un nouveau débouché,
Y trouve pour ses usines une main d’œuvre bon marché.
L’Europe, désormais, désespère les hommes,
Apostasie les valeurs du traité de Rome,
Aux règles démocratiques préfère les forbans
Qui pillent ses subventions, comme le sinistre Orban.
L’Europe faillie continue sans vergogne
A verser ses milliards à la sombre Pologne
Qui, sponte sua, s’est livrée à une triste clique
Bafouant libertés, justice et pensée laïque.
L’Europe, en revanche, piquée par l’Allemagne,
Du déficit hellène a fait une montagne !
Ses troïkas implacables imposant leurs critères
Ont plongé tout un peuple dans l’atroce misère.
Comment donc s’étonner qu’à toutes nos frontières
Et dans notre pays les idées délétères
Du fascisme rampant, de la démagogie
Et du racisme immonde aient si fort ressurgi ?
Ce ne serait donc pas une coïncidence
Mais l’aboutissement d’une obscure connivence
Entre les chefs d’Etat qui ont élu Juncker
A la direction du clan des commissaires.
Car il sait y faire ce Monsieur Luxembourg
Pour enfariner les caciques des pays alentours :
N’est-il pas celui qui, en catimini,
A pompé les impôts de ses meilleurs amis ?
L’Europe libérale de la Monnaie Unique
Où chacun fait sa loi en matière de fisc,
De normes sociales, sordide tricherie,
Finit par dévoyer l’idée d’Europe unie.
Jean-Claude Perpere
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