Bonjours les tourterelles qui venez picorer les miettes de ma tartine. Ouf ! Le soleil est de retour, vite à la promenade. Force est de constater, hélas, que mes hanches et mes genoux me trahissent et refusent de se faire oublier. Qu’importe, en avant ! Adelante ! Go ! Avanti ! Vivaaaaaa ! Bîjiiiii !
Promenade….
Après une pluie drue le soleil a chassé
Les brumes sales qui dissimulaient la mer.
Les ors éblouissants ont enfin terrassé
Les grisailles humides qui me rendaient amer.
On croit que l’air est sec sur la côte antiboise
Mais non, il ne l’est pas, et dans nos os dépose,
Même avec le ciel bleu et une mer turquoise,
Très insidieusement, les rouilles de l’arthrose.
Néanmoins la chaleur sèche l’oxydation
Des vieilles carcasses qui s’aident d’une canne
Et libère un peu leurs articulations
Qui souvent ne demandent qu’à se mettre en panne.
Alors il faut marcher, marcher vers la Garoupe
Sans hésiter, d’un bon pas de préférence
Aux cris des goélands qui maraudent en groupe
Et au son du clocher qui donne la cadence.
Le ciel est bleu, réveille-toi, murmure Trenet
Dans ma tête. Soudain je revois avec émoi,
Parmi des enfants de Savoie, un blondinet
Qui fredonnait « dans la troupe y a pas d’jambe de bois ».
Que de chaussures usées depuis ces colonies
De vacances où le sang bouillait dans nos veines.
Les photographies de ce temps-là ont jauni
Sur celle d’aujourd’hui un vieillard se promène…
JB
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