Actu du jour
Le grand saccage
Les petits garçons ne jouent plus à « pigeon vole »
Dans les jardin dévastés de Marioupol,
Disparues les gamines qui comme des sauterelles
S’affairaient gaiement dans les carrés de marelle
Au milieu des débris parfois sur un trottoir
Quelques traces à la craie se laissent entrevoir
Telles des palimpsestes recouverts d’escarbilles
Elles témoignent qu’ici jouaient des petites filles.
Les gens cohabitent avec les rats dans les caves
Où résonnent les bombes qui pleuvent à l’extérieur
Des mères se lamentent, des vieillards ont l’air grave
Et les yeux des enfants sont figés de terreur.
Des adolescents ont délaissé le football,
Les stades jusqu’alors animés de Marioupol.
Dans des tranchées ou derrière des tumulus
Ils attendent, armes aux poings, l’approche des blindés russes.
Et moi pendant ce temps je sirote mon café
En tapant de vains mots sur mon ordinateur
Seuls s’envolent vers eux les battements de mon cœur
Que nos propres clameurs s’empressent d’étouffer.
JB
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