Panne sèche. ( glissez sur la pub)
Une hypnose solaire
Que peut-on donc écrire quand son vocabulaire
Qui refuse de jaillir, dans le cerveau se terre.
Les mots sont-ils bloqués dans une case hermétique ?
Leur source est-elle tarie ? L’attente est pathétique !
Alors, ça vient, bon dieu ! Quelques vers sans éclat
Suffiraient à contenter le vieux rimailleur.
Il s’était, ce matin, réveillé de bonne heure
Et fulmine depuis contre son encéphale plat.
Pour l’activer il a rejoint le bord de mer
Où clapote un ressac d’une grisante douceur
Que ne peuvent pas entendre les joggeurs solitaires
Assourdis par la musique de leurs écouteurs.
Assis sur un rocher, le rimailleur attend
L’apparition du soleil dans l’horizon rose
Dès que les flots captent ses rayons éclatants
L’iridescence le plonge dans une sorte d’hypnose.
Le voici absorbé par une terre peu sereine
Qui à ses pieds est pleine de mégots écrasés,
Et, tout autour de lui, des souillures humaines
Qu’il n’avait pas perçues, lui donnent la nausée.
Au loin des yachts cossus vident leurs excréments
Dans les eaux troubles déjà saturées d’immondices.
Vers les plages des nappes avancent subrepticement
Plus tard, les foules s’y tremperont avec délice.
Il perçoit toutes les vicissitudes de la terre
Et se sent piégé par cette humanité
Qui partout, exponentiellement, prolifère
Au détriment de la biodiversité.
Il fait grand jour et maintenant place aux baigneurs.
Dérangé dans ses pensées, le vieux rimailleur
Quitte le bord de mer et rentre à la maison
Où au chant des oiseaux se réveille Marion.
Viva ! JB
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