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Quand je rêve de Homère et de ses héros je suis de bonne humeur à mon réveil.
Les dieux que j’aime
J’eusse aimé posséder l’audace d’un Patrocle
Qui lança les Myrmidons contre les Troyens
Mais n’aurais pas souhaité me savoir sur un socle
Dans un recoin caché du musée athénien,
Ni exhibé à poil sur une toile de David
Tournant le dos aux gens comme un guerrier vaincu
Alors que j’aurais tué tant ennemis intrépides
Avant que traitreusement Hector ne me tue
J’ai parfois comme Achille la hargne vengeresse
Mais hélas mon talon n’est pas ma seule faiblesse
Et l’arc de Pâris pour provoquer ma mort
N’aurait eu à cibler que le haut de mon corps.
Mes rêves sont souvent issus des temps barbares
Où l’on était cruel tout en étant humain,
Où la bravoure n’était pas une qualité rare
Et la fraternité un atout incertain.
Les salauds existaient, il y en eut toujours,
Mais chez Homère les dieux les châtient durement;
Ces dieux qui aimaient la vie, les bons vins, l’amour
Et savaient se montrer, sans honte, intempérants.
Les interdits chez eux n’étaient pas trop de mise.
Se croyant éternels, ils n’avaient peur rien
Contrairement à ce dieu ombrageux des chrétiens
Qui se voulant unique combattra leur emprise.
J’eusse aimé, c’est vrai être un héros de l’Iliade
Mais je serais mort jeune, trop jeune à mon gout
A bien y réfléchir, je préfère, malgré tout
Être vieux et avoir vécu sans dérobade
De riches décennies d’aventures et de joie,
En restant fidèles aux dieux grecs d’autrefois
Qui n’étaient pas toujours forcément exemplaires
Mais qui nous apprenaient à être heureux sur terre.
Vivaaa !
JB
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