Qui aurait pensé que…
On ne sait absolument rien à sa naissance.
On n’en sait à peine un peu plus lorsque l’on meurt
Mais quand on avance en âge dans son existence
On sent peu à peu monter en nous une frayeur.
On s’efforce donc de dissimuler, c’est humain,
Cette décrépitude qui sournoisement nous guette,
Elle vient flétrir nos peaux, affaisser nos silhouettes,
Et contre elle, « macarel ! » tous les efforts sont vains.
On s’invente des chimères par crainte du dénouement,
Des vies après la mort, des paradis, des dieux,
Qui nous attendent tous, quelque part dans les cieux.
On transforme ça en doctrine pour y croire vraiment.
Ce sont presque toujours d’habiles harangueurs
Qui s’emparent de ces leurres, en font des religions
Et affirment qu’on peut tous obtenir les faveurs
D’un « Tout Puissant » si on lui promet soumission.
Être l’oreille d’un dieu, quoi de plus exaltant ?
Parler en son nom, transmettre ses commandements.
Moïse au Sinaï comprit que les Hébreux
Turbulents, indociles, n’obéiraient qu’à dieu ;
Un dieu peu conciliant, inspirant la terreur,
Qui fit tonner sur eux des éclairs aveuglants
Pour les contraindre à se lancer avec ardeur,
A l’assaut de la douce terre de Canaan.
Ne voulant conquérir, des humains, que les cœurs
Jésus ne fit de dieu qu’un indulgent sauveur.
Il mourut sans vraiment convaincre la populace
Mais l’habile Saint Paul le fera à sa place.
Mohamed le marchand, de clans rivaux honni,
Dut s’enfuir de la Mecque d’où il fut banni.
A Médine il trouva des docteurs de la Loi
Qui lui apprirent les bases de leur antique foi.
Dieu, d’après la Bible avait parlé à Moïse,
Il pourrait, pourquoi pas, parler aussi à lui ?
Ainsi, rassembla-t-il les Arabes à sa guise
Pour reprendre la Mecque d’où il s’était enfui.
Ce messager d’Allah était un fin stratège
Mais pouvait-il penser que quinze siècles plus tard
Les centaines de fidèles de ses premiers sièges
Atteindraient dans le monde presque deux milliards.
Qui aurait pu penser que ce qu’a dit Moïse,
Pour faire marcher les Hébreux vers la terre promise,
Engendrerait le sionisme, un avatar
Qui recréerait Israël, trois mille ans plus tard ?
Qui aurait pu prédire, il y a deux mille ans
Que pour s’être dit fils de Dieu, le crucifié,
Jésus, serait vénéré dans le monde entier,
Et qu’en son nom, un pape trônerait au Vatican ?
Surtout qui aurait pensé que ces religions,
Qui prêchait la piété à défaut de raison,
Aient été cause de tant de haine et tant de carnages
Qui ont jalonné l’histoire à travers les âges.
Si on aimait son prochain comme on s’aime soi-même,
La paix règnerait sur le monde et dans les rues,
Les hommes seraient tous des parangons de vertus
Et l’on s’emmerderait à se dire "je vous aime".
VIVA ! JB
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